Le scénario de l’absence d’accord sur le Brexit ne peut toujours pas être écarté, a déclaré, jeudi 6 décembre, Michel Barnier, le négociateur en chef de l’UE. « Pour éviter ce scénario, c'est maintenant à chacun de prendre ses responsabilités », a-t-il ajouté.
Lors d’un débat de deux heures au Comité européen des régions sur l’impact du Brexit, Michel Barnier a souligné que « sans ratification, il n'y aura ni accord de retrait ni période de transition ».
Après des interventions des élus locaux, il a indiqué : « Je ne peux pas prendre parti dans le débat britannique. À mes yeux, les accords sur la table sont les seuls et les meilleurs possibles pour organiser un retrait ordonné. »
Les parlementaires britanniques auront, le 11 décembre (la date est maintenue, à ce stade), à se prononcer sur l'accord de retrait et le texte de la déclaration politique. « Ce vote engage l'avenir de leur pays », a souligné M. Barnier.
M. Barnier a répété que l’accord équilibré sur le Brexit « est le seul et le meilleur possible ». Il a estimé cependant que cette négociation est « négative, car le Brexit n’a aucune valeur ajoutée, il faut juste en limiter les conséquences ».
Droit des citoyens. Il a défendu l’accord « positif et réciproque » pour garantir la sécurité de 4,5 millions de citoyens des deux côtés. « Les droits acquis jusqu’à fin 2020 par ces citoyens seront garantis pour eux-mêmes, leur famille et jusqu’à la fin de leur vie, si le traité est mis en œuvre », a précisé M. Barnier. S’il n’y a pas d’accord, il faudra prendre, « de notre côté, des mesures unilatérales, mais nous ne sommes pas dans cet état d’esprit ».
Sur la future relation, M. Barnier a précisé que si, pendant la négociation qui va durer deux ans, les Britanniques évoluent dans leur demande, « nous sommes prêts à nous adapter ». L’accord de libre échange est la base, « mais cela peut être plus », selon les demandes du Royaume-Uni.
Sur la pêche, M. Barnier a défendu un accord « équilibré, qui prendra en compte l’accès pour nos pêcheurs aux eaux britanniques et l’accès pour les produits transformés britanniques au marché de l’UE ». (Lionel Changeur)