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Bulletin Quotidien Europe N° 13612
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / Finances

Les eurodéputés demandent aux États membres d'arrêter de bloquer l'intégration des marchés de capitaux

De nombreux eurodéputés ont exhorté les institutions de l'Union européenne et surtout les États membres, lundi 31 mars, à obtenir des résultats concrets dans l'intégration des marchés de capitaux à travers le projet d'Union de l'épargne et des investissements (SIU).

« On tourne en rond depuis dix ans » alors que les points de blocage sont connus, a déclaré Markus Ferber (PPE, allemand) lors d'un débat en session plénière du Parlement européen, citant notamment l'absence d'harmonisation entre les systèmes fiscaux et le droit des faillites des États membres. « Toutes les initiatives sont bloquées » au niveau de capitales nationales, a-t-il critiqué, fustigeant l'absence de la Présidence polonaise du Conseil de l'UE lors du débat.

Au nom du groupe S&D, la Française Aurore Lalucq a estimé que les Européens devaient arrêter d'être « assez bêtes » pour financer l'économie américaine, « 300 milliards d'euros » d'épargne européenne étant investis chaque année outre-Atlantique. « Il est temps que les États membres arrêtent de bloquer » le projet de SIU, a-t-elle ajouté, même si, selon elle, l'initiative attendue pour stimuler le marché de la titrisation financière est « hors sujet ».

Au contraire, Giovanni Crosetto (CRE, italien) a préconisé un allègement des exigences prudentielles encadrant cette technique financière permettant aux banques de revendre sur les marchés de capitaux des prêts reconditionnés sous forme de titres financiers. Il a aussi préconisé le retrait pur et simple du projet de règlement 'FiDA' sur l'utilisation des données financières (EUROPE 13611/15).

La libérale néerlandaise Anouk Van Brug a réclamé « des faits » tangibles, notamment pour faciliter l'essor du capital-risque pour financer les entreprises européennes compétitives. Et Damian Boeselager (Verts/ALE, allemand) a vu dans le projet de SIU « un potentiel énorme », à condition que les décideurs nationaux soient à la hauteur de l'enjeu posé par les besoins d'investissement dans la décarbonation de l'économie et le réarmement des États membres.

D'accord pour mobiliser davantage les capitaux privés pour financer l'économie conformément à la 'Déclaration de Budapest sur la compétitivité' approuvée fin 2024 par les Vingt-sept (EUROPE 13521/2), Enikő Győri (PfE, hongroise) a toutefois mis en garde contre les « mauvaises politiques de 'Bruxelles' » et a appelé au respect des compétences nationales.

Quant à Gaetano Pedullá (La Gauche, italien), il a vivement critiqué l'Union des marchés de capitaux, qui, d'après lui, cache « un grave danger pour les citoyens européens », à savoir celui de déplacer les risques liés aux investissements « des marchés des capitaux vers les marchés de l'épargne », surtout quand ces investissements alimentent « une dangereuse économie de guerre ».

Auparavant, la commissaire européenne aux Services financiers, Maria Luís Albuquerque, avait décliné les principales mesures identifiées dans la récente communication de la Commission sur l'Union de l'épargne et de l'investissement (EUROPE 13603/5).

Elle a souhaité placer les citoyens en tête des préoccupations en priorisant les mesures permettant aux ménages de faire fructifier une partie de leur épargne dans l'Union européenne. Et de se prononcer en faveur de l'émergence de banques suffisamment grandes et diversifiées à l'échelle du marché unique. (Mathieu Bion)

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