La Haute Représentante de l’UE, Kaja Kallas, et la commissaire européenne à l’aide humanitaire, Hadja Lahbib, ont salué, dans la soirée de lundi 31 mars, la formation du nouveau gouvernement de transition en Syrie. Le président syrien par intérim, Ahmad al-Chareh, a annoncé, samedi 29 mars au soir, la formation d’un nouveau gouvernement de 23 ministres, dont une seule femme, chrétienne, un druze, un Kurde et un alaouite et le chef des 'casques blancs', mais pas de Premier ministre.
« Les aspirations de tous les Syriens doivent être satisfaites », ont souligné Mmes Kallas et Lahbib dans un communiqué commun, ajoutant que l’UE se tiendrait aux côtés du peuple syrien, tout en veillant à ce que les engagements du nouveau gouvernement en faveur d'une transition pacifique et inclusive soient respectés. Mmes Kallas et Lahbib ont également annoncé que l’UE était prête à collaborer avec ce gouvernement afin de l'aider à relever les immenses défis qui l'attendent.
La Haute Représentante et la commissaire ont réitéré le soutien « indéfectible » de l’UE à un processus de transition « mené et contrôlé par les Syriens, pacifique, incluant toutes les composantes de la société syrienne dans leur diversité, où une justice transitionnelle globale garantira la responsabilité de tous les crimes et contribuera de manière significative à la réconciliation nationale ». Dans ce contexte, le processus lancé par la Conférence de dialogue national, tenue le 25 février, jouera un rôle crucial, ont-elles prévenu. L’UE a également rappelé qu’il était fondamental que tous les acteurs extérieurs respectent pleinement l'unité, la souveraineté et l'intégrité territoriale de la Syrie, condamnant toute tentative visant à compromettre sa stabilité et ses perspectives de transition politique pacifique et inclusive.
Le même jour, l’Élysée a révélé la 'feuille de route' pour la Syrie agréée le 28 mars par les chefs d’État ou de gouvernement de Chypre, de la France, de la Grèce et du Liban. Ils ont ainsi soutenu la levée des sanctions imposées à la Syrie par l’UE et se sont engagés à accroître leur aide économique pour la reconstruction de la Syrie. Cet engagement repose sur la mise en œuvre effective par les autorités de transition syriennes d’un « gouvernement inclusif, respectueux et représentatif de toutes les composantes de la société syrienne », d’une coordination efficace des forces des autorités syriennes avec les mécanismes internationaux existants en matière de lutte contre le terrorisme et d’une protection efficace de tous les citoyens syriens. Les chefs d’État ou de gouvernement ont également exprimé leur soutien à une approche régionale pour garantir un environnement approprié au retour des réfugiés syriens chez eux, dans la sécurité et la dignité. Une délimitation des frontières maritimes de la Syrie qui soit fondée sur le droit maritime international et le plein respect de la souveraineté de la Syrie est également mise en avant.
Voir la feuille de route : https://aeur.eu/f/g6s (Camille-Cerise Gessant)