Le commissaire européen à l'Équité intergénérationnelle, à la Jeunesse, à la Culture et aux Sports, Glenn Micallef, a présenté face aux eurodéputés réunis à Strasbourg en séance plénière du Parlement, lundi 31 mars, les grandes lignes de la future 'Boussole culturelle', le cadre stratégique destiné à « intégrer la culture dans toutes les politiques de l’UE » et à « améliorer son potentiel économique ».
L’initiative, qui donnera lieu à une proposition d’ici fin 2025, vise également à affirmer la place de la culture dans les transformations démocratiques et géopolitiques auxquelles doit actuellement répondre l'Union européenne.
« Ce que nous proposons, c’est une initiative politique ambitieuse, qui libère le potentiel des secteurs culturels et créatifs pour adapter, innover et renforcer la compétitivité et la résilience sociétale de l’Europe », a affirmé Glenn Micallef, soulignant en outre que la culture est « le cœur battant de l’Europe ».
Alors que les consultations sont ouvertes depuis le 21 mars (EUROPE 13605/13), de nombreux eurodéputés ont salué l’ambition du projet, tout en appelant à des garanties financières.
Bogdan Andrzej Zdrojewski (PPE, polonais) a appelé à un nécessaire « renforcement financier, surtout pour des programmes comme Erasmus+ ou Europe Créative ».
Même son de cloche pour Hannes Heide (S&D, autrichien), qui a déclaré que le secteur est « sous-financé par rapport à d’autres » et que « le nouveau cadre financier pluriannuel doit garantir un budget en nette hausse pour Europe créative ».
Plusieurs élus ont insisté sur la protection des artistes. « Nous devons améliorer les conditions des professionnels de la culture », a plaidé Nela Riehl (Verts/ALE, allemande), exhortant à « garantir la liberté artistique » par une législation de même niveau que le 'Media Freedom Act'.
Selon Laurence Farreng (Renew Europe, française), il s'est agi de défendre « un statut protecteur pour les artistes » et « la reconnaissance du droit d’auteur face à l’intelligence artificielle ». L'eurodéputée française a estimé, en effet, qu’abandonner ce combat serait « une faute historique ».
Les liens entre culture et démocratie ont en outre été soulignés.
De fait, Hélder Sousa Silva (PPE, portugais) a affirmé que « la culture offr(ait) une défense essentielle contre la désinformation », tandis que Nikos Pappas (La Gauche, grec), qui a évoqué des actes de vandalisme contre des œuvres dans son pays, a tiré la sonnette d'alarme quant aux « menaces contre la liberté d’expression ».
Certains élus se sont toutefois montrés plus critiques. Cela a notamment été le cas de Zsuzsanna Borvendég (ENS, hongroise), qui voit en la future 'Boussole culturelle', « une stratégie qui sert la globalisation et affaiblit les traditions ». Ivaylo Valchev (CRE, bulgare), quant à lui, a appelé à « des programmes réalistes, sans idéologie ».
« Ce que nous devons faire maintenant, c’est être plus cohérents, plus ambitieux, et guider nos actions pour que les secteurs culturels atteignent leur plein potentiel », a assuré Glenn Micallef à l'issue du débat. (Nithya Paquiry)