Le tout premier sommet UE-Asie centrale, qui se déroulera à Samarcande en Ouzbékistan vendredi 4 avril, vise à renforcer la coopération régionale dans des domaines d’intérêt commun comme le commerce, la sécurité, la connectivité et les matières premières critiques, qui devraient être soutenus par un nouveau paquet d’investissements dans le cadre de la stratégie 'Global Gateway' de l’UE.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a ainsi expliqué qu’elle se rendait à Samarcande avec le président du Conseil européen, António Costa, « pour porter notre partenariat avec l'Asie centrale à un niveau supérieur ».
Réunissant l’UE et les cinq pays d’Asie centrale (le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan, le Turkménistan et l'Ouzbékistan), le Sommet permet notamment d'envisager le lancement d'un partenariat stratégique entre les deux régions et a potentiellement vocation à devenir un événement récurrent, comme l’a souligné un haut fonctionnaire de l’UE.
« En ces temps incertains, l'Europe est synonyme d'ouverture et d'engagement. Pour l'Europe, l'Asie centrale est un partenaire de choix », a déclaré la présidente.
Il s’inscrit ainsi dans le prolongement de la stratégie de l’UE sur l’Asie centrale, mise à jour en 2019, et de la 'feuille de route' commune adoptée en octobre 2023 (EUROPE 13277/4).
Commerce. Alors que l’UE est le deuxième partenaire commercial et le premier investisseur de la région d’Asie centrale, elle a négocié des accords de partenariat et de coopération renforcés (APC) avec les différents pays, à l’exception du Turkménistan.
Les discussions du Sommet pourraient s’attarder sur les « ouvertures » du pays, notamment en faveur des droits humains, comme l’a suggéré un haut fonctionnaire, sans pour autant aboutir au renouement des négociations de l’APC avec l’UE, qui avait été bloqué par le Parlement européen (EUROPE 12212/25).
Le Sommet devrait plutôt être l’occasion de réaffirmer l'engagement de l'UE à signer les APC négociés avec l'Ouzbékistan et le Tadjikistan.
Sécurité. Sur le plan sécuritaire, le Sommet devrait permettre d’aborder les questions de la sécurité aux frontières, de la lutte contre de la désinformation, mais aussi de la situation en Afghanistan.
L’UE compte également aborder la question du contournement des sanctions vis-à-vis de la Russie dans le contexte de la guerre d’agression russe en Ukraine. Selon une haute fonctionnaire, « nous voudrions voir beaucoup plus de la part de nos partenaires, mais nous avons toutefois constaté une volonté et des progrès ».
Connectivité. Dans le cadre des discussions concernant 'Global Gateway', les partenaires mettront l’accent sur la connectivité des transports entre les deux régions, avec le développement du 'Corridor de transport transcaspien' (EUROPE 13338/13).
Ils devraient également s’attarder sur la connectivité numérique et la façon d’approfondir la coopération en ce qui concerne les ressources énergétiques, les matières premières critiques et la gestion de l’eau. Ainsi, les partenaires espèrent adopter une déclaration d’intention sur les matières premières critiques.
Climat. À l’issue du sommet, les présidents Costa et von der Leyen participeront à la séance d'ouverture du 'Forum international de Samarcande sur le climat' afin de « réaffirmer un engagement mutuel en faveur de la transition verte et du développement durable », comme l’explique une note du Conseil européen.
Avant cela, Mme von der Leyen rencontrera, jeudi 3 avril, les dirigeants des cinq pays d’Asie centrale. Une déclaration commune sera publiée à l’issue du Sommet. (Pauline Denys)