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Bulletin Quotidien Europe N° 13612
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / CohÉsion

La révision à mi-parcours de la politique de cohésion divise les eurodéputés sur les dépenses militaires

La révision à mi-parcours de la politique de cohésion a été, dans l'ensemble, soutenue par les eurodéputés, mardi 1er avril, sauf en ce qui concerne la réaffectation de fonds vers les dépenses militaires.

Selon Andrey Novakov (PPE, bulgare), la politique régionale apporte depuis de longues années des investissements sans précédent « à nos régions, nos villes et nos villages ». Cependant, la politique régionale est aujourd'hui une « belle endormie ». En effet, les paiements réels représentent seulement 10% des 370 milliards d'euros sur la période 2021-2027.

« Nous devons donc agir rapidement, et je salue les efforts du vice-président Fitto dans cette direction », a-t-il dit devant l'hémicycle. M. Novakov a estimé que « si on n'adapte pas cette politique aux réalités actuelles, elle mourra ». Il a aussi soutenu la création de règles flexibles pour permettre aux États membres d’investir dans les industries de la défense.

Denis Nesci (CRE, italien) a estimé que la politique de cohésion devait être renouvelée pour répondre aux nouveaux besoins des différents États membres, en leur donnant plus de flexibilité. Il a salué le fait que le vice-président ait mis l'accent sur la compétitivité et le logement. La proposition va dans la bonne direction, selon M. Nesci.

Ľubica Karvašová (Renew Europe, tchèque) a estimé, comme d’autres, que le taux d’absorption des fonds n’était pas à la hauteur. Elle a dit soutenir les efforts de M. Fitto pour faciliter l’accès aux fonds de l’UE, y compris pour les régions frontalières orientales.

Des réticences. Mohammed Chahim (S&D, néerlandais) a estimé que « ce n’est pas le moment de réduire les fonds qui donnent à l’Europe un visage social ». Le groupe S&D est « impatient » de discuter de l'idée de la Commission d'améliorer les niveaux d'absorption des fonds, en particulier pour atteindre les régions sous-représentées, « mais cela ne signifie pas que nous pouvons réaffecter les fonds de cohésion non dépensés sans condition ».

Selon Cristina Guarda (Verts/ALE, italienne), « nous ne pouvons pas faire payer les armes aux citoyens les plus pauvres et les plus vulnérables d’Europe ». Elle a critiqué ceux qui veulent vider l'enveloppe de la politique de cohésion pour financer les dépenses militaires. « De quel type de défense commune s’agit-il, si nous laissons derrière nous ceux qui ont besoin de soutien, de réseaux, de services ? », s'est-elle interrogée. La révision devrait, selon Mme Guarda, renforcer et simplifier la cohésion, et non « la réduire en vue du prochain budget, sacrifiant des millions de personnes au profit de quelques acteurs de l'industrie de la guerre ».

« Il ne faut pas abandonner la cohésion au profit de la défense », a estimé également Élena Kountourá (La Gauche, grecque).

Examen au Conseil. Adam Szłapka, le ministre polonais des Affaires européennes, a estimé que le cadre financier pluriannuel actuel offrait une flexibilité limitée. « Il est donc inévitable que, face aux défis nouveaux et croissants auxquels l'UE doit faire face, la contribution de la politique de cohésion soit au cœur du débat », selon le ministre.

Il a ajouté que les régions devaient rester au cœur de la politique de cohésion.

La Commission propose d'ajuster la politique de cohésion afin de mieux concrétiser les priorités de l'UE et de contribuer plus directement à la compétitivité et à la défense. Cette proposition, selon le ministre, offre aux États membres une flexibilité suffisante afin d'adapter leurs programmes aux besoins actuels. Les États membres ont déjà reconnu à plusieurs reprises la nécessité que la politique de cohésion s'adapte à la nouvelle situation, dès le CFP actuel, afin de répondre efficacement aux priorités et besoins émergents de l'UE.

« Le logement abordable, la stimulation de la compétitivité et le renforcement de nos capacités de défense sont des priorités clés de la politique de cohésion », selon Adam Szłapka. Un soutien aux régions en situation de vulnérabilité, telles que celles situées aux frontières extérieures de l'UE, en particulier celles limitrophes de la Russie et de la Biélorussie, est également nécessaire. « Si je comprends l'appel de la Commission à agir rapidement sur cette proposition législative, nous devons également veiller à préserver les objectifs du traité relatifs à cette politique », a souligné la Présidence polonaise du Conseil. Le ministre a insisté sur le besoin de garantir des changements significatifs, mais équilibrés. (Lionel Changeur)

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