La Cour des comptes européenne a mis en avant, mardi 1er avril, dans un nouvelle publication consacrée aux réseaux électriques de l’UE, que le rythme actuel des investissements prévus dans les réseaux est insuffisant pour répondre à la demande future d'électricité, qui devrait doubler d’ici 2050.
Selon le rapport, les plans d'investissement des gestionnaires de réseau devraient totaliser 1 871 milliards d'euros entre 2024 et 2050, si le rythme actuel se poursuit. Ce montant est inférieur aux besoins d’investissement que la Commission européenne a estimés entre 1 994 et 2 294 milliards d’euros.
Le rapport souligne que la modernisation nécessaire du réseau doit faire face à plusieurs défis, tels que « la coordination de la planification du réseau dans l'ensemble de l'UE, la rationalisation des procédures d'autorisation et la résolution des problèmes de pénurie d'équipements et de main-d'œuvre ».
Pour réduire les besoins d’investissement, les auditeurs préconisent, entre autres, de rendre le réseau - et le système électrique dans son ensemble - plus flexibles.
« Les solutions de stockage, les mesures de réponse à la demande, les nouvelles technologies et l'amélioration des interconnexions entre les États membres sont autant d'éléments qui peuvent faire baisser les coûts », décrit Keit Pentus-Rosimannus, membre de la Cour responsable du rapport.
De plus, le document souligne l’importance de cadres réglementaires et de modalités de financement adéquats, alors que certains opérateurs peinent à accéder aux investissements initiaux nécessaires. Il souligne toutefois « l’équilibre difficile à trouver » entre les besoins d’investissements et des factures d’électricité abordables pour les consommateurs.
Enfin, le rapport mentionne la difficulté de prévoir l'impact à long terme des investissements dans le réseau et celui de l'intégration des sources d'énergie renouvelables sur les factures d'électricité.
Pour voir le rapport de la Cour des comptes : https://aeur.eu/f/g74 (Pauline Denys)