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Bulletin Quotidien Europe N° 13771
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ACTION EXTÉRIEURE / Proche-orient

Militants et universitaires appellent l’UE à agir contre la colonisation

Plusieurs militants et universitaires ont demandé à l’Union européenne d'agir face à la colonisation israélienne en Cisjordanie et à Jérusalem Est, qui ne cesse de s’intensifier, jeudi 11 décembre, lors d’un débat en commission des Affaires étrangères du Parlement européen.

Selon le militant israélien Dror Etkes, en 2025, plus de 33 000 unités de colonies ont été approuvées ou construites en Cisjordanie, soit trois fois plus que l’année précédente, et un peu plus de 3 700 à Jérusalem Est. À cela s’ajoutent les démolitions toujours plus nombreuses de constructions palestiniennes et la déclaration de zones étatiques israéliennes en Cisjordanie « pour s’approprier les territoires ». Il y aurait entre 600 000 et 700 000 colons.

« Toutes ces années, l'UE et les États membres ont critiqué la politique de colonisation, mais cela n'a pas été suivi de gestes véritables ni de mesures concrètes, empêchés en raison de la realpolitik qui devrait pourtant mener la possibilité de garder une solution à deux États », a dénoncé la politologue Muriel Asseburg (Stiftung Wissenschaft und Politik), rappelant l’avis de la Cour internationale de justice de 2024. « Une mesure, importante, qui rendrait cohérente l’approche de l’UE avec l’avis de la CIJ serait de mettre fin aux échanges commerciaux entre les colonies et l'UE et d’introduire des visas pour les colons (pour entrer dans l’UE) », a-t-elle expliqué.

Selon un projet de conclusions du 8 décembre à adopter par le Conseil européen des 18 et 19 décembre (https://aeur.eu/f/jx3 ), les dirigeants européens pourraient appeler le gouvernement israélien à mettre un terme à l’expansion des colonies, « illégales au regard du droit international », et à protéger la population palestinienne des territoires occupés.

Lors de l'audition au PE, Shaqued Morag, la représentante pour l'Europe de La Plateforme, une coalition d'ONG israéliennes pour les droits de l'homme, a rappelé que l'extension de la zone E1 avait longtemps été une ligne rouge et s'est demandé quelle autre ligne rouge Israël devrait franchir pour que l'UE « fasse plus que simplement condamner les agissements, mais qu'elle contribue enfin à mettre fin à la violence physique, mais aussi politique à laquelle font face les Palestiniens » (EUROPE 13694/19). Le Conseil européen devrait aussi réitérer son appel au Conseil afin qu’il poursuive les travaux en vue de prendre de nouvelles mesures restrictives contre les colons extrémistes et les entités et organisations qui les soutiennent. 

Alors que les dirigeants européens devraient réitérer le soutien de l’UE à une solution à deux États, le professeur à l'université Ben Gurion, David Newman, a estimé que cette solution serait difficile à mettre en place pour des raisons pragmatiques, avec la présence « rampante » des colonies. « C’est une question difficile, qui nécessite que l’on modifie la logique de lecture, qui ne passe plus par l’idée d’une solution à deux États, qui est très simpliste. En termes pratiques, cela ne peut pas fonctionner », a-t-il ajouté. Pour Muriel Asseburg, il faut se fonder sur le droit à l’autodétermination des peuples qui sauvegarde le principe soit de deux États, soit d'un état binational, soit d'une confédération.

Par ailleurs, les intervenants - tout comme de nombreux députés européens - ont dénoncé le fait qu'aucun représentant des Palestiniens n'ait été invité à participer à l'audition. (Camille-Cerise Gessant)

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