Les ministres des Affaires étrangères de quinze États membres de l'UE (la Belgique, le Danemark, l'Espagne, l'Estonie, la Finlande, la France, l'Irlande, l'Italie, la Lettonie, la Lituanie, le Luxembourg, les Pays-Bas, le Portugal, la Slovénie et la Suède), mais aussi d’Australie, du Canada, d’Islande, du Japon, de Norvège et du Royaume-Uni et la Haute Représentante de l'UE ont appelé « avec la plus grande fermeté », jeudi 21 août, à l’« annulation immédiate » par le gouvernement israélien de son projet de construction de 3000 logements de colonies dans la zone E1, à l’est de Jérusalem.
L’approbation de ce projet, qui couperait la Cisjordanie en deux, est « inacceptable et constitue une violation du droit international », ont souligné les ministres dans une déclaration.
Rappelant que, selon le ministre israélien Bezalel Smotrich, ce projet empêchera la réalisation de la solution des deux États en divisant tout l'État palestinien et en restreignant l’accès des Palestiniens à Jérusalem, les ministres ont estimé que cela ne présentait aucun avantage pour le peuple israélien. Cette décision « alimente davantage la violence et l’instabilité, ce qui nous éloigne un peu plus de la paix », ont-ils expliqué.
Les ministres ont exhorté le gouvernement israélien à mettre un terme à la construction de colonies et à lever les restrictions qu’il impose aux finances de l’Autorité palestinienne.
Le 14 août, la Haute Représentante de l’UE, Kaja Kallas, avait déjà dénoncé l’annonce israélienne concernant l’E1, estimant que cela « compromettait davantage la solution à deux États, tout en constituant une violation du droit international ».
« La politique de colonisation d'Israël – y compris les démolitions, les transferts forcés, les expulsions et les confiscations de logements – doit cesser », a prévenu Mme Kallas, précisant que, couplé aux violences et aux opérations militaires continues des colons, cela alimentait une situation déjà tendue sur le terrain et compromettait encore davantage toute possibilité de paix.
Le 19 août, le porte-parole du Service européen pour l’action extérieure a d’ailleurs souligné la consternation de l’UE concernant la démolition d'une école financée par l'UE et la France à Al-Aqaba. « L'UE soutient des projets favorisant le développement économique et l'amélioration de la qualité de vie des communautés palestiniennes de la zone C et s'attend à ce que ses investissements en faveur du peuple palestinien soient protégés contre les dommages et la destruction par Israël, conformément au droit international », a-t-il précisé. (Camille-Cerise Gessant)