La Commission européenne a proposé, début août, l'octroi à la Jordanie d'une cinquième assistance macrofinancière, à hauteur de 500 millions d'euros, pour permettre à ce pays faisant partie du voisinage méridional de l'Union européenne de consolider ses finances publiques et de faire face à ses besoins financiers externes.
Destiné à compléter la quatrième aide macrofinancière d'un montant équivalent et approuvé au printemps pour la période 2025-2027 (EUROPE 13621/26), ce nouveau soutien sera, là aussi, déboursé en trois tranches de prêts préférentiels (moratoire possible sur le remboursement, maturité longue allant jusqu'à 35 ans).
Les versements, qui auront lieu en parallèle de ceux provenant de la quatrième assistance, seront subordonnés à la mise en place de réformes agréées au sein d'un protocole d'entente spécifique (MoU), parmi lesquelles le respect des normes démocratiques, la lutte contre la corruption, l'application de politiques sociales et liées au marché du travail, l'amélioration de l'environnement des affaires, notamment dans le secteur énergétique.
Lundi 25 août, l'institution de l'UE a annoncé la signature avec les autorités jordaniennes du MoU relatif à la quatrième assistance macrofinancière dont bénéficie Amman. Cette étape ouvre la voie au versement d'une première tranche d'aide d'ici un mois, sous réserve d'une évaluation positive du Service européen pour l'action extérieure.
Confrontée à l'instabilité politique au Proche-Orient, la Jordanie a vu ses revenus touristiques décliner, même si la croissance économique s'est maintenue à 2,5% du PIB en 2024 grâce au secteur manufacturier, l'agriculture et les transports. L'année dernière, le déficit a atteint 5,6% du PIB en 2024, la dette publique a dépassé 90% du PIB (116,8% du PIB en incluant le Fonds d'investissement dans la sécurité sociale) alors que le chômage touchait plus de 20% de la population active, surtout les femmes et les jeunes.
Voir la proposition législative : https://aeur.eu/f/i46 (Mathieu Bion)