Le groupe S&D au PE s’est dit « confiant », jeudi 11 décembre, quant au fait que la Commission saura tenir compte des préoccupations soulevées par le PE dans son futur plan européen pour le logement abordable, qui sera présenté à Strasbourg le 16 décembre.
Lors d’une rencontre avec la presse, la présidente de la commission spéciale 'Logement' (HOUS) du PE, Irene Tinagli (S&D), et le député autrichien Andreas Schieder ont réitéré les attentes du groupe, qui milite « depuis des années » pour une action de l’UE dans ce domaine.
« Le groupe S&D constate depuis longtemps l'aggravation de cette urgence dans la société et l'économie, mais nous avons toujours eu du mal à la placer au cœur de la politique européenne », a commenté l’Italienne.
En commission HOUS, elle a également constaté que cette urgence était désormais partagée par tous les groupes politiques, y compris d’extrême droite, alors qu’ils étaient sceptiques sur la création de cette commission, le logement étant d’abord une compétence nationale.
Après « un an de travail, ce que nous constatons, c'est qu'il s'agit avant tout d'une crise généralisée dans toute l'Union européenne. Dans la plupart des pays, c'est effectivement l'une des principales préoccupations des citoyens au quotidien ». Et il ne concerne pas que « quelques grandes métropoles, comme le centre de Paris, le centre de Milan, le centre de Madrid. Il se fait également fortement sentir dans les zones périurbaines, dans les villes moyennes », a ajouté la présidente, qui espère écarter une majorité ‘Venezuela’ sur le rapport de la commission qui sera voté le 9 février.
Car si les préoccupations se croisent entre les groupes, certains pensent que le marché résoudra tout de lui-même, ont dit les élus.
« Construire davantage ne suffira pas. C'est un problème complexe aux causes multiples », entre le surtourisme, la financiarisation croissante, les villes étant d'importants pôles universitaires utilisant le parc de logements résidentiels pour les étudiants, a encore commenté l'Italienne.
Le groupe attend donc des actions de l’UE dans plusieurs domaines : accroître les investissements dans le logement abordable ; réformer les critères des règles d'État pour faciliter l'accès au logement pour les ménages à revenus faibles et moyens. « Ce sont deux mesures que l'Union européenne peut prendre en charge assez rapidement et facilement », estime le groupe.
Il faut encore mettre fin à la spéculation croissante sur le logement et s'attaquer au problème des locations de courte durée, qui constituent une distorsion du marché. La lutte contre le sans-abrisme doit aussi être un enjeu majeur. Il faut également s'attaquer aux règles fiscales pour permettre davantage d'investissements dans le logement et renforcer le soutien au logement social et public, ont ajouté les élus.
Le groupe S&D a mené une enquête auprès d'environ 4 000 personnes à travers l'UE : plus de 30% des personnes interrogées déclarent ne plus pouvoir faire face à la flambée des prix du logement et 72% affirment que l’UE doit agir maintenant ; 37% indiquent qu’il faut améliorer la situation des personnes à faibles et moyens revenus. Et 76% des personnes interrogées affirment qu'il est plus difficile pour elles d'acheter ou de louer un logement que pour leurs parents à leur âge, révèle encore l’étude.
Jeudi, le groupe Renew Europe a aussi appelé la Commission « à répondre avec clarté et ambition ». « L’UE ne construira pas votre maison, mais elle doit créer les conditions pour que vous le puissiez. Notre devoir est de veiller à ce que les lois ne bloquent pas l’offre de logements », a notamment déclaré la Néerlandaise Brigitte van den Berg.
Lien vers l'étude du S&D : https://aeur.eu/f/jy2 (Solenn Paulic)