Les ministres des Affaires étrangères des pays de l’OTAN se sont penchés, mercredi 30 novembre, sur les défis posés par la Chine.
« Nous restons lucides », a souligné le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, à l’issue de la réunion à Bucarest, lors de laquelle les Alliés ont abordé « les défis à long terme posés par la Chine pour (les) intérêts, (les) valeurs et (la) sécurité » de l’OTAN et sur le renforcement de leur résilience.
Il a précisé que les Alliés avaient examiné les développements militaires « ambitieux » de la Chine, ses avancées technologiques et ses activités cybernétiques et hybrides croissantes.
Soulignant que la Chine n’était pas « un adversaire », M. Stoltenberg a expliqué que les Alliés continueraient à s’engager avec elle lorsque cela sera dans leur intérêt, « notamment pour lui faire part de (leur) position commune sur la guerre illégale menée par la Russie en Ukraine ».
« Nous continuerons, bien sûr, à commercer et à nous engager économiquement avec la Chine, mais nous devons être conscients de nos dépendances », a-t-il ajouté, précisant qu'il fallait évaluer ces dépendances, notamment concernant les chaînes d'approvisionnement, les technologies ou les infrastructures, « réduire (les) vulnérabilités et gérer les risques ».
Selon M. Stoltenberg, les ministres ont souligné l'importance de respecter les directives de l'OTAN en matière de résilience et de maintenir l’avance technologique.
Il a ajouté qu’il fallait continuer de renforcer la coopération avec les partenaires de la région indopacifique et avec l'UE.
Ukraine. Par ailleurs, revenant sur le dîner de mardi entre les Alliés et le ministre des Affaires étrangères, Dmytro Kuleba, M. Stoltenberg a appelé à ne pas « sous-estimer » la Russie, malgré les « progrès importants » de l’Ukraine sur le terrain.
Il a rappelé que la poursuite du soutien militaire des Alliés à l'Ukraine était essentielle, « en particulier des défenses aériennes supplémentaires », et qu’ils allaient aussi apporter une aide non létale, notamment du carburant et des générateurs.
Interrogé une nouvelle fois sur l’adhésion de l’Ukraine à l’Alliance, M. Stoltenberg a rappelé que le plus important était d’aider l’Ukraine à se défendre. Selon lui, « il est important maintenant de procéder étape par étape. L'étape la plus importante et la plus urgente est de faire en sorte que l'Ukraine l'emporte, et c'est exactement ce que nous faisons ». « Il y a beaucoup de choses entre rien et l'adhésion à part entière, ce qui signifie que nous devons développer un partenariat de plus en plus étroit, à la fois politique et pratique », a-t-il expliqué, estimant que cela renforcera les institutions ukrainiennes et les aidera à passer des normes d'équipement de l'ère soviétique aux doctrines modernes d'équipement standard de l'OTAN.
Les ministres se sont également entretenus avec leurs homologues de Bosnie-Herzégovine, de Géorgie et de Moldavie, « trois partenaires précieux de l'OTAN, qui subissent la pression de la Russie », selon le secrétaire général. « Nous avons discuté de nos préoccupations communes en matière de sécurité et des moyens de renforcer notre coopération. Les Alliés sont convenus d'intensifier notre soutien sur mesure, notamment en matière de renforcement des capacités, de réformes et de formations, afin d'améliorer leurs institutions de sécurité et de défense », a résumé M. Stoltenberg. (Camille-Cerise Gessant)