Les ministres européens de l’Intérieur maintiennent des positions « très éloignées » sur le Pacte 'Asile et migration', certains pays maintenant leur position, notamment sur la logique de 'paquet', a affirmé le ministre slovène Aleš Hojs, à l’issue de la réunion ministérielle informelle qui s'est tenue le 15 juillet à Kranj (Slovénie).
Cette discussion sur la façon de faire avancer le Pacte 'Asile et migration' a eu lieu au déjeuner. « Si l’on veut progresser, cela dépendra de la disponibilité à faire des compromis », a ajouté M. Hojs, notant toutefois que des progrès plus rapides restent possibles sur le règlement 'Eurodac'.
La Présidence slovène du Conseil de l'UE voulait sonder les États membres sur leur disponibilité à être pragmatiques avec les différents textes du Pacte, notamment ceux qui sont à un stade d'examen plus avancé.
« Actuellement, huit propositions législatives dans le domaine de l'asile/du filtrage et une dans le domaine du retour sont examinées par le Conseil. La position bien connue de certains États membres est que rien n'est agréé tant que tout n'est pas agréé. La question clé du paquet est l'équilibre entre la responsabilité et la solidarité. Cependant, certains des instruments proposés ne sont pas, en soi, directement pertinents pour cet équilibre et leur adoption contribuera à des améliorations immédiates bien nécessaires sur le terrain », avait ainsi plaidé la Présidence slovène dans une note tansmise aux délégations en amont de la réunion.
La commissaire européennne, Ylva Johansson, quant à elle, s’est montrée moins négative que son homologue. « Je ne suis pas d’accord avec le fait que nous sommes bloqués », a-t-elle dit jeudi, citant les récents accords sur la directive 'carte bleue' (EUROPE 12721/22) ou l’Agence européenne de l’asile (EUROPE 12751/14). « Il y a, à mon avis, de la convergence pour avancer », a-t-elle dit.
Selon une source, la discussion aurait tout de même montré la persistance des mêmes blocages, entre la responsabilité des pays dits de première ligne et la solidarité dont devraient faire preuve les autres États membres. Et deux groupes se distinguent, entre les pays partisans de la logique de paquet législatif et les autres, plus pragmatiques.
« Il semble difficile de trouver une solution », a dit cette source, notant d’ailleurs qu’il faudra commencer par les choses les plus consensuelles, comme une politique commune de retours.
Mettre sur la table l’idée de la répartition des migrants, c’est « l’échec assuré », a ajouté cette source. Elle a noté, par ailleurs, que les États membres sont encore moins nombreux en 2021 à soutenir des initiatives telles que l’accord de Malte en 2019, qui avait difficilement rassemblé huit à neuf pays autour d'un mécanisme volontaire de débarquement de migrants secourus en mer (EUROPE 12344/6).
Solidarité envers la Lituanie
Par ailleurs, Mme Johansson a indiqué que les États membres avaient aussi apporté leur soutien à la Lituanie qui fait face à une augmentation des arrivées de migrants depuis la Biélorussie. Elle a demandé à l'agence européenne Frontex de renforcer ses efforts à la frontière lituanienne et a confirmé que l’Agence européenne de l'asile (EASO) enverrait 90 personnes sur le terrain.
Le rapport du Parlement européen sur les activités de Frontex, présenté le matin même en commission des libertés civiles, n’aurait en revanche pas été discuté. (Solenn Paulic)