Les commissions du Parlement européen chargées des droits des femmes (FEMM) et de la justice (LIBE) ont soutenu, mercredi 14 juillet, un projet de résolution réclamant que la violence fondée sur le genre soit ajoutée à la liste des crimes de l’UE (EUROPE 12726/25).
Le texte, porté par Malin Björk (La Gauche, suédoise) et Diana Riba i Giner (Verts/ALE, espagnole), plaide précisément pour que cette liste de crimes devant être « combattus sur des bases communes » soit étendue aux violences perpétrées, hors ligne comme en ligne, à l’encontre de femmes, de filles, de personnes LGBTIQ+ en raison de leur genre.
Les rapporteurs rappellent notamment que refuser un avortement sûr et légal est une forme de violence fondée sur le genre (EUROPE 12748/12) et identifient les féminicides comme étant « la forme la plus extrême » de cette violence.
Avec ce texte, elles entendent mettre la pression sur la Commission européenne, afin que celle-ci honore ses engagements : l'extension de la liste « à toutes les formes de crimes et de discours haineux » fondés notamment sur le genre avait en effet été promise par la présidente, Ursula von der Leyen, elle-même, dans son dernier discours sur l’état de l’Union (EUROPE 12561/3).
Le projet de résolution invite en outre la Commission à s’appuyer ensuite sur ce nouveau domaine de criminalité pour élaborer une directive visant à prévenir et à combattre les violences de genre.
Une telle directive devrait, selon les eurodéputés, garantir que les dispositions de la Convention d’Istanbul soient enfin mises en œuvre (EUROPE 12609/5) et encourager les États à mieux prendre en charge les victimes de violences de genre.
« Nous avons besoin d'une législation forte, mais nous devons également investir dans les refuges pour femmes, dans l'éducation et dans les soins de santé », a ainsi réagi Malin Björk mercredi.
Le projet de résolution, approuvé par 53 voix pour, 18 contre et 24 abstentions, sera soumis au vote lors de la plénière en septembre. (Agathe Cherki)