Si les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) partagent l'objectif d'atteindre la neutralité carbone le plus rapidement possible dans tous les secteurs, elles s’interrogent sur la manière d'atteindre cet objectif très ambitieux s’agissant de l’agriculture et de la sylviculture.
S’agissant de la révision de la législation actuelle sur l'utilisation des terres, le changement d'affectation des terres et la foresterie (UTCATF), le Copa-Cogeca prend note de l'objectif ambitieux d'élimination de 310 millions de tonnes (t) équivalents CO2 de gaz à effet de serre d'ici à 2030.
« L'agriculture et la sylviculture ont besoin de clarté sur la manière dont la Commission prévoit d'atteindre ces objectifs sur le terrain », selon le Copa-Cogeca, qui attend avec impatience la publication à la fin de l'année, de l'initiative de l’UE en faveur du stockage du carbone dans les sols agricoles.
« Bien que l'introduction d'un objectif européen d'élimination nette des émissions de gaz à effet de serre de 310 millions de t de CO2 en 2030 puisse potentiellement accélérer l'adoption de pratiques agricoles fondées sur le carbone, un cadre plus solide est nécessaire pour garantir que personne ne soit laissé pour compte dans ce processus », estime de son côté le Conseil européen des jeunes agriculteurs (CEJA).
Concernant le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières (MACF), le Copa-Cogeca ne comprend pas pourquoi la Commission a exclu l’agriculture, mais a inclus les engrais. « Cette double peine injuste sera insupportable pour les agriculteurs », a réagi le Copa-Cogeca.
L’organisation European Coordination Via Campesina aurait souhaité une « véritable révision » des accords commerciaux et des mesures concrètes pour réduire les émissions produites par le secteur agricole. Cette organisation demande aussi de soutenir les agriculteurs « pour éliminer progressivement les pesticides et les engrais responsables d'une grande partie des émissions de gaz à effet de serre ». La proposition sur l’utilisation des terres, le changement d'affectation des terres et la foresterie est aussi critiquée par Via Campesina. (Lionel Changeur)