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Bulletin Quotidien Europe N° 12686
CONSEIL EUROPÉEN / Turquie

Le Conseil européen prêt à s’engager de manière « progressive, proportionnée et réversible »

Les dirigeants européens ont fait part, jeudi 25 mars, de la disponibilité de l’Union européenne à s’engager de manière « progressive, proportionnée et réversible » avec la Turquie.

« Nous pensons que l'immobilisme n'est pas une réponse, mais que nous avons besoin de contacts avec la Turquie à tous les niveaux et de parler de la controverse, mais aussi de l'intérêt commun », a résumé la chancelière allemande, Angela Merkel, à l'issue de la visioconférence.

Si l'apaisement observé actuellement en Méditerranée orientale se poursuit, l’UE est prête à s’engager pour renforcer la coopération avec la Turquie dans un certain nombre de domaines d'intérêt commun.

Les dirigeants ont opté pour une approche en deux temps : un mandat, dès à présent, pour développer davantage la relation, et la possibilité, en juin, d'adopter des décisions plus formelles, selon la situation en Méditerranée. 

Les dirigeants européens invitent donc, dans leur déclaration, la Commission européenne à intensifier les discussions avec la Turquie afin de résoudre les difficultés actuelles de mise en œuvre de l'union douanière. Et ils demandent, en parallèle, au Conseil de l’UE, de travailler sur un mandat pour la modernisation de cette union douanière. « Ce mandat pourrait être adopté par le Conseil, sous réserve d'orientations supplémentaires du Conseil européen », préviennent-ils.

La Commission est également invitée à étudier les moyens de renforcer la coopération avec la Turquie en matière de contacts interpersonnels et de mobilité. La modernisation de l'Union douanière et la libéralisation des visas sont deux demandes de longue date de la Turquie.

Le Conseil européen est aussi prêt à lancer des dialogues de haut niveau avec Ankara sur des questions d'intérêt commun telles que la santé publique, le climat et la lutte contre le terrorisme ainsi que sur des questions régionales. Sur ce dernier point, la Turquie doit contribuer positivement à la résolution des crises régionales telles que la Libye, la Syrie et le Caucase du Sud, prévient le Conseil européen.

Plaidant pour la poursuite de l’aide de l’UE aux réfugiés syriens et aux communautés d'accueil, les dirigeants invitent la Commission à présenter une proposition de cadre financier pour la poursuite du financement des réfugiés syriens en Turquie, mais aussi en Jordanie ou au Liban. 

Selon les Vingt-sept, la coopération avec Ankara sur la gestion des migrations devrait être renforcée, notamment en matière de protection des frontières, de lutte contre l'immigration clandestine ou des retours vers la Turquie, conformément à la déclaration UE/Turquie de marrs 2016, appliquée de manière non discriminatoire.

Préoccupation sur l'État de droit

Par ailleurs, si la situation en Méditerranée s’améliore, celle de l’État de droit et des droits fondamentaux continue de se dégrader en Turquie et reste « une préoccupation majeure », indiquent les dirigeants.

« Le ciblage des partis politiques et des médias ainsi que d'autres décisions récentes constituent des revers majeurs pour les droits de l'homme et vont à l'encontre des obligations turques en matière de respect de la démocratie, de l'État de droit et des droits des femmes », dénoncent-ils, convaincus que le dialogue sur ces questions demeure une partie intégrante des relations bilatérales.

Pour le chancelier autrichien, Sebastian Kurz, le retrait turc de la Convention d'Istanbul (EUROPE 12683/26) et la tentative du pouvoir d'interdire le parti d'opposition HDP (EUROPE 12681/22) sont « très problématiques ».

Les dirigeants préviennent aussi qu’en cas de « nouvelles provocations ou d'actions unilatérales en violation du droit international », l’UE sera déterminée à utiliser les instruments et les options à sa disposition pour défendre ses intérêts et ceux de ses États membres, et pour maintenir la stabilité régionale. Ils citent à cet égard la communication conjointe du Haut Représentant de l’UE, Josep Borrell, et de la Commission qui proposent différents types de sanctions, y compris économiques (EUROPE 12683/2).

« Si la Turquie reprend ces actions, nous suspendrons bien sûr les mesures de coopération », a d'ores et déjà prévenu le président du Conseil européen, Charles Michel. Ce dernier pourrait se rendre en Turquie, « probablement en avril », avec la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

Voir la déclaration des Vingt-sept: https://bit.ly/2NT8PyB (Camille-Cerise Gessant, avec la rédaction)

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