Le Parlement européen a voté, jeudi 25 mars, en faveur d'un nouvelle stratégie UE/Afrique ambitieuse, porteuse d'un partenariat UE/Afrique d'égal à égal qui place l'humain en son centre, en tenant compte des conséquences de la pandémie de Covid-19, pour relever les défis communs d'aujourd'hui, au-delà des cinq partenariats proposés il y a un an par la Commission et le Service européen pour l'action extérieure.
Le rapport d'initiative de Chrysoula Zacharopoulou (Renew Europe, française), qui constitue la contribution du PE au prochain sommet UE/UA, a été adopté par 460 voix (64 contre et 163 abstentions), sans amendements (EUROPE 12684/21).
La résolution alternative du groupe ID, qui voulait ériger en priorité la lutte contre l'immigration illégale, a été rejetée par 579 voix (101 pour, 8 abstentions).
Le Parlement prône le renforcement des systèmes de santé, la lutte contre les inégalités et contre les violences en renforçant l’accès à l’éducation pour tous, ainsi que l’accès à la formation numérique. L'inclusion des filles doit être une priorité.
« Dans le monde post-Covid, les protagonistes seront les jeunes ainsi que les femmes et les filles. La relance se fera avec eux ! », a souligné Mme Zacharopoulou.
Le PE demande aussi : - un soutien financier et technique à long terme aux pays africains pour stimuler l'adaptation au climat ; - le soutien de l'UE à l'intégration régionale africaine pour contribuer à réduire la dépendance à l'égard des importations étrangères et la création d'une zone de libre-échange continentale ; - la protection des droits sexuels et génésiques ; - davantage d'efforts du FMI et de la Banque mondiale pour alléger la dette africaine ; - un partenariat UE/Afrique sur les migrations et la mobilité qui donne la priorité à la dignité humaine des réfugiés et des migrants ; - un soutien à une agriculture durable.
« La recommandation de ce rapport est claire : faire du continent africain notre allié privilégié pour faire face aux défis devant nous. Il contient des pistes concrètes pour décliner cette ambition dans tous les domaines : l’humain, l’économique, le culturel, avec une approche nouvelle, fondée sur les liens humains et les échanges entre personnes », a résumé le rapporteur.
Elle a par ailleurs regretté que les pays pauvres n’aient bénéficié à ce jour que de 0,1% des vaccins administrés dans le monde.
« Nous plaidons pour que les divisions politiques soient surmontées et que nous soyons engagés sur le terrain. Il faut que notre engagement soit bien plus constructif que les activités de nos rivaux, voire adversaires, comme la Russie et la Chine, qui tentent d’élargir leur influence sur le continent africain », a souligné Anna Fotyga (CRE, polonaise), de la commission des Affaires étrangères.
Selon Udo Bullmann (S&D allemand), « la lutte contre les inégalités sera l’aune à laquelle mesurer toutes nos politiques ».
La commissaire aux Partenariats internationaux, Jutta Urpilainen, s'est félicitée des « convergences de vues » entre le Parlement et la Commission, notamment en ce qui concerne les jeunes, les femmes et les filles. (Aminata Niang)