À l’occasion de la visite du Secrétaire d’État américain, Antony Blinken, à Bruxelles, Américains et Européens ont souligné leur volonté de reprendre leur coopération, après quatre ans d’administration Trump.
M. Blinken a souligné la détermination de son pays à revitaliser ses alliances et partenariats, ajoutant que les États-Unis et l’UE sont les « partenaires les plus proches ».
« Nous ouvrons un nouveau chapitre dans nos relations, marquées par une coopération plus forte sur les sujets de politique étrangère et de sécurité », a souligné le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell.
Au-delà des « moyens de renforcer les relations entre l'UE et les États-Unis et de coordonner les réponses aux questions prioritaires de politique étrangère, de sécurité et d'économie », les deux hommes « se sont également engagés à coopérer face aux défis mondiaux, notamment pour faire face à la crise climatique mondiale, mettre fin à la pandémie de Covid-19, faciliter une reprise économique durable et défendre les valeurs démocratiques et les libertés fondamentales, y compris au sein des structures multilatérales », précise une déclaration commune.
Selon M. Borrell, la réunion avec M. Blinken a été l’occasion de prendre deux décisions « importantes ».
Tout d’abord, les deux parties ont décidé de relancer le dialogue bilatéral sur la Chine, « en tant que forum permettant de discuter de l'ensemble des défis et des possibilités en la matière ». Ce dialogue avait été lancé sous l’administration Trump (EUROPE 12589/30). L’UE et les États-Unis ont également décidé de poursuivre les réunions dans le cadre du dialogue au niveau des hauts fonctionnaires et des experts sur des sujets tels que la réciprocité, y compris sur les questions économiques, la résilience, les droits de l'homme, la sécurité, le multilatéralisme et les domaines d'engagement constructif avec la Chine, notamment le changement climatique.
De plus, MM. Blinken et Borrell sont convenus - « et c'est peut-être le plus important », selon ce dernier - « de soutenir la participation la plus complète possible des États-Unis aux initiatives de défense de l'UE et de renforcer le dialogue sur ces questions ». Selon le Haut Représentant, « la politique de sécurité et de défense de l'UE offre des opportunités concrètes pour notre coopération ». Jusqu’à présent, certains États membres étaient frileux au sujet de la participation des pays tiers à la coopération structurée permanente et au fonds européen de défense.
Sur l’Iran, les deux parties ont reconnu que le plan d’action global conjoint (JCPOA), que les États-Unis ont quitté en mai 2018, restait « une réalisation essentielle de la diplomatie multilatérale, malgré les difficultés existantes ». Les États-Unis se sont déclarés prêts à engager des discussions axées sur les résultats, dans l’objectif de garantir la mise en œuvre intégrale des engagements pris dans le cadre du JCPOA en matière nucléaire et de levée des sanctions.
Concernant la Russie, le Haut Représentant et le Secrétaire d’État ont fait part de « leur détermination à continuer de s'attaquer, de manière coordonnée, au comportement difficile de la Russie » et ont décidé de coordonner leur réponse face au rétrécissement de l'espace dans le pays pour les voix politiques indépendantes, la société civile et la liberté des médias, et face au recul du respect des droits de l'homme et de l'État de droit. Dans le même temps, les deux parties sont prêtes à s'engager avec Moscou sur des questions d'intérêt commun.
Elles se disent aussi intéressées par « le développement d'une relation coopérative et mutuellement bénéfique avec la Turquie, sous-tendue par l'État de droit et le respect des droits fondamentaux ».
La déclaration revient également sur l’Afghanistan, les Balkans occidentaux, le Tigré ou encore l’Éthiopie.
Devant les médias, avant sa rencontre avec le secrétaire d’État, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a estimé que la lutte contre la pandémie était « la priorité la plus immédiate », se disant impatiente de s’engager avec M. Blinken pour renforcer les chaînes d'approvisionnement mondiales en vaccins (EUROPE 12464/1). Les États-Unis, comme l’UE, prennent des mesures pour limiter les exportations de vaccins ou de composants des vaccins.
Voir la déclaration : https://bit.ly/3ckjYC0 (Camille-Cerise Gessant)