Après avoir reçu un soutien quasi unanime en commission parlementaire (EUROPE 12667/8), le rapport de Cláudia Monteiro de Aguiar (PPE, portugaise) sur la mise en œuvre d’une stratégie européenne pour un tourisme durable a été adopté à une large majorité par la plénière (577 voix pour, 31 contre, 80 abstentions) jeudi 25 mars.
Le Parlement européen y détaille une série de mesures visant à pallier, à court terme, les faiblesses d’un secteur quasiment à l’arrêt depuis plus d’un an (EUROPE 12454/13) et à répondre aux enjeux, principalement climatiques et numériques, auxquels il devra faire face dans les années à venir. Il requiert la présentation, d’ici la fin de l’année, d’un plan d’action assorti d’objectifs concrets, et la présentation d’une stratégie européenne du tourisme.
Relancer
Le premier volet du rapport est consacré à la relance du secteur, qui a vu ses revenus diminuer de 70% en 2020, selon la Commission européenne. L’écosystème touristique, soit 22 millions d’emplois dans l’UE, « connaît les pires difficultés de son histoire », affirme le rapport.
Il « a besoin de liquidités à court terme, de nombreuses entreprises sont au bord de la faillite », a soutenu Cláudia Monteiro de Aguiar en plénière, mercredi 24 mars, demandant, au nom du Parlement, que l’UE « lance un plan Marshall » pour le secteur.
Ce dernier compte également, pour se remettre d’aplomb, sur la saison estivale à venir. « Le déploiement des vaccins nous permet d'être optimistes quant aux projections pour 2021 », a indiqué à EUROPE Eduardo Santander, directeur exécutif de la Commission européenne des voyages (ETC), qui représente le secteur au niveau européen. « Tous nos espoirs sont placés dans l'été 2021 », résume-t-il.
Les eurodéputés demandent donc que les voyages reprennent et que des critères communs soient appliqués afin d’en assurer la sécurité sanitaire.
Ils invitent la Commission et les États à mettre en place un système commun de code couleur pour les voyages vers les pays tiers, demandent la mise en place d'un certificat sanitaire – ce qui devrait n'être qu'une question de temps (voir autre nouvelle) – ainsi qu’un label européen définissant des normes minimales de prévention de la Covid-19 à attribuer aux établissements.
Repenser
Le Parlement avance en outre une série de revendications relatives à l’avenir du secteur, notamment à sa gouvernance, qu’il souhaiterait plus européenne.
Il demande que soient créées une direction de la Commission chargée expressément du tourisme et « dotée d’un financement adéquat » ainsi qu’une agence européenne du tourisme. Le commissaire européen, Virginijus Sinkevičius, également intervenu en plénière mercredi, a réagi sur ce point en indiquant vouloir travailler avec les États et les parties prenantes à la mise en œuvre d’une telle agence.
Le rapport appelle en outre au lancement d'une discussion lors de la conférence sur l’avenir de l’Europe, en vue d’aider le tourisme à devenir une compétence partagée de l’Union plutôt qu’une compétence complémentaire.
Pour consulter le texte adopté : https://bit.ly/3sA6gRn (Agathe Cherki)