Le Haut Représentant de l’Union européenne pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, et le commissaire européen à l’Élargissement, Olivér Várhelyi, ont fait part, jeudi 18 mars, de la vive préoccupation de l’UE concernant l’action engagée en justice, par le procureur de la Cour de cassation, demandant l’interdiction du Parti démocratique des peuples (HDP) pour activités ‘terroristes’.
Ce parti politique pro-kurde est aussi la troisième formation politique du pays. Le procureur demande aussi une interdiction d'exercer des fonctions politiques contre 600 membres du HDP. Cela les empêcherait de former un nouveau parti.
« La fermeture du deuxième plus grand parti d'opposition violerait les droits de millions d'électeurs en Turquie », ont dénoncé le Haut Représentant et le commissaire dans une déclaration commune. Selon eux, cela s’ajoute aux préoccupations de l'UE concernant le recul des droits fondamentaux en Turquie et sape la crédibilité de l'engagement déclaré des autorités en faveur des réformes.
« En tant que pays candidat à l'UE et membre du Conseil de l'Europe, la Turquie doit de toute urgence respecter ses obligations démocratiques fondamentales, notamment le respect de la démocratie, des droits de l'homme et de l'État de droit », ont rappelé M. Borrell et M. Várhelyi.
Selon le rapporteur du Parlement européen sur la Turquie, Nacho Sánchez Amor (S&D), cette demande de dissolution envoie « un message clair sur le manque réel de volonté des autorités turques de faire avancer les réformes dans le domaine des droits de l'homme et de l'État de droit ».
« Les partis politiques d'opposition démocratiquement élus doivent pouvoir fonctionner librement, sans être intimidés par le gouvernement. Si les autorités turques mettent à exécution leurs menaces contre le HDP, cela aura de graves conséquences sur les relations déjà tendues entre la Turquie et l'UE », a-t-il prévenu, estimant que, si elle était validée, cette interdiction enfoncerait davantage la Turquie dans sa « tendance autoritaire actuelle ». (Camille-Cerise Gessant)