Le commissaire-désigné au Commerce, Valdis Dombrovskis, a assuré, lundi 21 septembre, que la Commission européenne recourra à l'ensemble des instruments disponibles pour permettre à l'industrie sidérurgique de faire face à toute concurrence inéquitable de la part de ses concurrents sur le marché européen.
« La Commission européenne utilisera tous les outils pour protéger l'industrie européenne », a déclaré le vice-président de la Commission, lundi 21 septembre. Le ministre allemand de l'Économie et du Commerce, Peter Altmaier, a rappelé que l'industrie sidérurgique de l'UE faisait face à des difficultés telles que les « surcapacités » chinoises et les enjeux climatiques.
Réunis à Berlin de manière informelle à l'invitation de la Présidence allemande du Conseil de l'UE, les ministres européens du Commerce ont planché sur la révision de la politique commerciale européenne pour rééquilibrer les échanges avec certains partenaires et garantir une concurrence plus équitable. Le lien entre commerce et marché unique a été mentionné lors de discussions auxquelles a aussi participé le commissaire au Marché intérieur, Thierry Breton.
Avoir des règles du jeu équitables « ne signifie pas affaiblir nos normes », a souligné M. Dombrovskis. Il a annoncé, pour le printemps 2021, une communication sur la révision de la politique commerciale de l'UE, dont la phase de consultation publique s'achèvera fin novembre.
En outre, la fixation pour l'UE d'un objectif de neutralité climatique - M. Altmaier a évoqué la date de « 2035 » spécifiquement pour l'industrie sidérurgique - signifiera un abandon progressif des permis de polluer pour les acteurs économiques. Afin d'éviter les fuites de carbone, le processus devra s'accompagner d'une introduction graduelle du mécanisme européen d'ajustement aux frontières (EUROPE 12557/7, 12534/10).
L'enjeu consistera à déterminer « la bonne séquence », selon M. Dombrovskis. Si nous voulons des objectifs climatiques plus ambitieux, « il est inévitable d'accorder un soutien accru » aux industries fortement émettrices de CO2, a estimé M. Altmaier. Sinon, a-t-il prévenu, les industries de pays tiers moins réglementées rafleront les marchés avec pour conséquence une hausse des émissions globales.
OMC. Dimanche soir au dîner, les ministres ont évoqué le processus en cours de nomination du successeur de Roberto Azevêdo à la tête de l'OMC (EUROPE 12563/29).
Nous sommes d'accord pour dire que l'OMC doit faire l'objet d'une « profonde réforme » qui permette de régler le blocage sur l'Organe d'appel, de relancer les négociations commerciales multilatérales et d'intégrer des défis sociétaux comme la lutte contre le dérèglement climatique, a dit M. Dombrovskis.
Mercosur. Sur l'accord commercial avec le Mercosur (EUROPE 12563/28), les divergences d'opinions entre États membres ne constituent pas une surprise pour M. Altmaier. « Sinon, cela n'aurait pas pris autant de temps », a-t-il noté. Il a aussi estimé que, « même sans rouvrir l'accord, certaines questions peuvent être clarifiées et, peut-être, pourraient aider à trouver une solution », en référence aux contacts menés par la Commission avec les pays du Mercosur pour que ceux-ci s'engagent clairement à agir en faveur du climat et du développement durable. (Mathieu Bion)