Le Conseil de l'Union européenne a imposé, lundi 21 septembre, des sanctions à deux personnes jugées responsables de violations des droits de l’homme en Libye et à trois entités qui auraient violé l’embargo sur les armes.
Selon l’acte juridique publié au journal officiel de l'UE, sont visés le commandant de la brigade al-Saiqa, basée à Benghazi, Mahmoud al-Werfalli, lié à une trentaine de meurtres et une exécution de masse, et Moussa Diab, « responsable de graves violations des droits de l’homme, y compris de la traite d’êtres humains et de l’enlèvement, du viol et du meurtre de migrants et de réfugiés, auxquelles il a participé de manière directe ». Ils sont soumis à un gel de leurs avoirs et à une interdiction de voyager dans l’UE.
De plus, la compagnie aérienne commerciale de fret azerbaïdjanaise Sigma Airlines, qui exploite des aéronefs ayant violé l’embargo sur les armes, ainsi que les compagnies maritimes turque Avrasya Shipping et jordanienne Med Wave Shipping, dont les navires respectifs Cirkin et Bana sont liés à des transports de matériel militaire vers la Libye, sont soumises à un gel de leurs avoirs.
À l’issue du Conseil 'Affaires étrangères', le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a annoncé que les Européens s’étaient mis d’accord pour lever les sanctions à l’encontre du président de la chambre des Représentants de Tobrouk, Aguila Saleh, et du président du Parlement de Tripoli, Nouri Abou Sahmein (EUROPE 11522/17).
Selon M. Borrell, les ministres se sont aussi mis d’accord pour nommer un « représentant spécial de l’UE pour le problème libyen ».
Enfin, il a rappelé l'importance d'un cessez-le-feu durable, de mobiliser tous les efforts pour lever le blocus sur le pétrole, qui a fait perdre, depuis le début de l’année, plus de 10 milliards de dollars au pays. Les Européens entendent aussi intensifier leurs efforts pour la reprise du dialogue politique dans le cadre du processus dit 'de Berlin'. (Camille-Cerise Gessant)