*** mise à jour mardi 22 septembre 12:00 ***
Les ministres européens des Affaires étrangères ont débattu, lundi 21 septembre, des relations futures de l’UE avec l’Union africaine et avec l’Afrique en général, par visioconférence.
Cet échange a offert l'occasion au Haut Représentant de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, d’annoncer officiellement le report du sommet UE/UA (qui était programmé pour fin octobre) et de la réunion ministérielle préparatoire UE/UA du 28 septembre (EUROPE 12563/25).
À en croire le Haut Représentant, la détermination à forger un partenariat stratégique renforcé (EUROPE 12558/19, 12518/15) n’en est que plus grande afin de tenir compte de l’impact de la pandémie et réussir la relance post-Covid-19.
« Comme vous le savez, le sommet a été reporté en raison des effets du coronavirus, mais nous continuerons à travailler et à intensifier nos relations avec nos partenaires africains pour faire face aux nouveaux défis comme la lutte contre la pandémie et la reprise économique », a déclaré M. Borrell à la presse à l'issue de la réunion.
Et d’ajouter : « Les restrictions de voyage dues au coronavirus ont diminué nos possibilités d’intensifier nos contacts, mais pas l’ambition de porter notre partenariat au niveau le plus élevé possible. »
Les prochaines semaines seront mises à profit pour s’entendre sur « des priorités communes pour la prochaine décennie ».
Certains ont insisté sur la dimension politique du partenariat futur, à l'instar du ministre finlandais Pekka Haavisto, qui a appelé l'UE à soutenir le processus de paix en cours au Soudan. Il a plaidé aussi pour que « nous poussions les États-Unis à lever les sanctions contre le Soudan ».
Le ministre autrichien de l’Intégration et des Affaires étrangères, Alexander Schallenberg, lui, a souligné que l’Accord post-Cotonou, en cours de négociation avec les pays ACP (Afrique/Caraïbes/Pacifique), était un sujet essentiel pour son pays.
L'Autriche revient à la charge avec la migration. Selon M. Schallenberg, « l’Accord sera absolument décisif, également en vue de la proposition de la Commission sur un nouveau Pacte Migration-Asile », qui doit être présenté le 23 septembre.
« Il faut que nous utilisions tous les leviers pour obtenir le maximum, dans notre intérêt, à savoir la coopération avec les pays d’origine et de transit des migrants, des accords de retour et une conditionnalité claire. On ne doit pas oublier que la thématique de la migration, ce n’est pas seulement une question interne à l’UE, mais qu’il y a un aspect essentiel, à savoir une politique efficace de protection des frontières extérieures et une coopération efficace avec les pays d’origine et de transit », a-t-il déclaré.
Dans le cadre de cet échange, la commissaire aux Partenariats internationaux, Jutta Urpilainen, avait brièvement informé les ministres de la poursuite des négociations entre l’UE et l’organisation des États ACP (OACPs).
La migration et les droits à la santé reproductive sont parmi les questions encore en suspens, selon une source européenne.
La prochaine réunion ministérielle de négociation entre Jutta Urpilainen et le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, est espérée en octobre. La date reste à fixer. (Aminata Niang)