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Bulletin Quotidien Europe N° 12557
POLITIQUES SECTORIELLES / Industrie

Agnès Pannier-Runacher vante les mérites d'un mécanisme d'ajustement carbone aux frontières de l'UE

En fixant « un prix aux externalités négatives », le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières de l'Union européenne permettra aux entreprises européennes d'être dans une situation de « concurrence loyale » avec leurs concurrentes internationales, a estimé, mercredi 9 septembre, la ministre française chargée de l'Industrie, Agnès Pannier-Runacher, de passage à Bruxelles où elle a rencontré, jeudi, les commissaires européens Vestager, Timmermans et Breton.

Alors que l'UE s'engage sur la voie de la neutralité climatique à l'horizon 2050, le futur mécanisme aura pour objectif d'éviter que les entreprises européennes soient pénalisées face aux entreprises de pays tiers exportant vers l'UE des produits et marchandises qui ne répondent pas aux mêmes normes environnementales ou qu'elles délocalisent leur production vers l’étranger (fuite de carbone). Il devrait faire l'objet d'une proposition formelle en 2021 (EUROPE 12534/10, 12439/14).

Pour Mme Pannier-Runacher, l'approche à retenir devra être graduelle. « Il faut démarrer avec des biens suffisamment robustes pour que la méthodologie soit inattaquable, notamment à l'OMC », a-t-elle indiqué, citant les secteurs de « l'acier, de l'aluminium et du ciment » comme les premiers candidats à être couverts par le mécanisme. « Une fois que vous avez démontré que ça fonctionne, c'est plus facile d'avancer » et de démontrer qu'il ne s'agit pas d'un « protectionnisme larvé », a-t-elle ajouté.

La ministre a indiqué qu'entre 1995 et 2015, l'industrie française avait réduit de 40% ses émissions de CO2. Mais, comme elle a importé plus et de plus loin et qu'elle a délocalisé, son empreinte carbone a augmenté de 20%. « C'est la double peine : vous ne répondez pas aux enjeux climatiques ni aux enjeux sociaux », a-t-elle considéré.

Plan de relance européen. Mme Pannier-Runacher a également plaidé pour une mise en place rapide du Plan de relance européen via les plans de relance nationaux.

Présenté récemment, le plan de relance français - doté de 100 milliards d'euros, dont 40 milliards de subventions qui proviendront de la Facilité pour la relance et la résilience - est « calé sur le Plan de relance européen », a souligné la ministre. L'accent est mis sur les transitions verte et numérique, la cohésion des territoires ainsi que les investissements dans les compétences et la santé.

D'après Mme Pannier-Runacher, le Plan de relance européen et le cadre financier pluriannuel 2021-2027 contribueront à mobiliser les Vingt-sept pour gagner « la bataille de la décarbonation ». Selon elle, de nouveaux projets communs visant à renforcer « l'autonomie stratégique » de l'UE pourraient voir le jour dans les secteurs de la santé, des télécommunications (5G, maîtrise des données), des microprocesseurs, pharmaceutique, agroalimentaire.

Le Conseil 'Compétitivité' débattra, vendredi 18 septembre, de la résilience de l'industrie de l'UE face à la concurrence issue de pays tiers (EUROPE 12553/10). Dans des conclusions qu'il adoptera les 24 et 25 septembre, le sommet européen soulignera l'importance du marché pour la relance économique post-Covid-19. (Mathieu Bion)

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