L’Allemagne entend saisir l’occasion de sa Présidence du Conseil de l’UE pour sensibiliser les États membres à un phénomène qu’elle connaît bien : la criminalité des clans, selon une note rédigée par ses soins le 8 septembre et dont EUROPE a eu copie.
Le pays a en effet été particulièrement frappé par ce phénomène et, après toute une série de règlements de comptes sanglants au cœur même de sa capitale, il a décidé de durcir le ton et de partir en guerre contre les clans mafieux sévissant sur son territoire.
Cette forme de criminalité spéciale, qui peut être fondée sur des relations familiales ou une origine ethnique commune, se caractérise généralement par un degré élevé d'isolement des délinquants, ce qui facilite la perpétration des crimes et rend leur détection difficile, pointe Berlin.
« La Présidence allemande estime qu'un échange ouvert entre les États membres au niveau européen sur la criminalité organisée familiale/les 'clans' peut contribuer à une meilleure compréhension du phénomène, à sensibiliser au problème dans les États membres où ces groupes ne se sont pas encore établis et à créer des réseaux pour une coopération future et l'échange de bonnes pratiques opérationnelles », explique-t-elle.
Dans la note, elle fait part de son intention d'explorer ce phénomène sous différents angles lors de plusieurs événements, en commençant par une conférence de recherche en octobre 2020, suivie d'une réunion du Réseau européen sur l'approche administrative (ENAA) et d'une visite sur le terrain en novembre, puis lors d’une réunion du Réseau européen de prévention de la criminalité (REPC) en décembre prochain.
Comme premier pas, la Présidence allemande a envoyé un questionnaire aux États membres, auquel ils doivent répondre d’ici le 22 octobre, qui les interroge sur leurs expériences concernant ce phénomène, les problèmes spécifiques rencontrés, leurs stratégies policières, leurs approches administratives ainsi que sur les mesures de prévention spécifiques qu'ils ont prises. (Marion Fontana)