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Bulletin Quotidien Europe N° 12557
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INSTITUTIONNEL / DÉmocratie

Le Code de bonnes pratiques de l'UE sur la désinformation en ligne, un « instrument précieux » aux lacunes encore nombreuses

La Commission européenne a présenté, jeudi 10 septembre, une évaluation globale de l’efficacité du Code de bonnes pratiques de l'UE sur la désinformation. Cette évaluation, fruit d’une série de contributions diverses (EUROPE 12359/5), porte sur la première année d'application du texte, signé en octobre 2018.

Verdict ? Le Code a permis de renforcer la responsabilité de ses signataires - Google, Facebook, Twitter, Microsoft, Mozilla, depuis rejoints par TikTok - et d’accroître la transparence de leurs politiques contre la désinformation, se félicite la Commission, évoquant un « instrument très précieux ».

Certaines lacunes persistent toutefois.

L'institution européenne regrette notamment l'application incohérente et incomplète du Code d'une plateforme et d'un État à l'autre.

Parmi les lacunes identifiées, elle relève en outre « l'absence de procédures plus claires, de définition commune et d'engagements plus précis », qui maintiennent en dehors du champ d'application du Code certaines problématiques, telles que les comportements manipulateurs ou l'équité dans la publicité politique en ligne.

La Commission constate aussi plusieurs lacunes dans la couverture des engagements du texte : l'absence d'indicateurs de performance clés pertinents pour évaluer l'efficacité des politiques ‘anti-désinformation’ des plateformes, par exemple.

« Les plateformes doivent être plus responsables et plus redevables », a commenté la vice-présidente de la Commission chargée des Valeurs et de la transparence, Věra Jourová. « Le temps est venu d'aller au-delà des mesures d'autorégulation », a-t-elle ajouté. En effet, les signataires choisissent, sur la base de leurs évaluations, les engagements du Code auxquels ils adhéreront et identifient eux-mêmes les politiques qu'ils mèneront pour mettre en œuvre ces engagements.

Contrer l'infodémie

En juin dernier, la Commission avait annoncé vouloir mettre en place, dans le cadre du Code de bonnes pratiques, un programme de suivi des mesures prises par les plateformes pour endiguer l’infodémie, i.e. la désinformation liée à la pandémie de Covid-19 (EUROPE 12455/19).

Elle s'était engagée à demander aux plateformes des rapports mensuels sur ces mesures. Les rapports de Facebook, Google, Microsoft, TikTok, Twitter et Mozilla, portant sur une période allant « du début de la crise » à fin juillet, ont également été publiés ce jeudi.

Selon ces documents, de nouveaux outils et services déployés par les différentes plateformes ont permis une augmentation de l’importance accordée aux sources d’information faisant autorité.

Plus de 160 millions de personnes ont, par exemple, visité les pages Covid-19 de Twitter qui rassemblent les derniers tweets de sources gouvernementales, médiatiques et de la société civile dignes de confiance. Certains services n'ont toutefois pas été déployés dans tous les pays de l'UE.

Les rapports témoignent également d’une intensification des collaborations avec les vérificateurs de faits et les chercheurs. Il apparaît aussi que les plateformes sont parvenues à limiter les fausses publicités en lien avec le coronavirus et que les efforts pour détecter les cas de manipulation ont été intensifiés.

Pour consulter l'évaluation du Code : https://bit.ly/2GIHk6R ; les rapports de Facebook (https://bit.ly/3in8E8M ), Google (https://bit.ly/2RamHTa ), Microsoft (https://bit.ly/3ii37QJ ), TikTok (https://bit.ly/3hfd401 ), Twitter (https://bit.ly/2FsZs3Z ) et Mozilla (https://bit.ly/3bJazlq ). (Agathe Cherki)

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