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Bulletin Quotidien Europe N° 12557
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POLITIQUES SECTORIELLES / Migration

Après l'incendie de Moria, les eurodéputés appellent les États membres à mettre en place des mécanismes permanents de solidarité

La commissaire européenne aux Affaires intérieures, Ylva Johansson, s'est émue, jeudi 10 septembre, devant les membres de la commission Libertés civiles du Parlement européen, du sort des milliers de personnes à la rue après l’incendie du camp de Moria sur l'île grecque de Lesbos. Elle a néanmoins assuré que la situation s’était améliorée sur le terrain « au cours des six derniers mois ».

Si la situation reste toujours « inacceptable » pour les 12 700 personnes concernées, la commissaire a expliqué que les choses s'étaient améliorées depuis le début de l’année, avec une population dans le camp passée de 25 000 à 12 000 personnes.

La commission LIBE, présidée par l’Espagnol Juan Fernando López Aguilar (S&D), voulait savoir comment la Commission comptait répondre à un « évènement tragique, mais, hélas, prévisible », a réagi l’Espagnol. La commission LIBE a, en effet, à de nombreuses reprises, alerté sur les risques de catastrophe (humanitaire et autre) qu’encouraient les migrants dans ce camp surpeuplé.

Celui-ci accueillait encore ces derniers jours plus de trois fois sa capacité normale, avec 12 000 personnes pour 3 000 places.

Le président de LIBE s’est ému, comme la commissaire, du fait que ces milliers de personnes se trouvent aujourd’hui obligées « de dormir à la rue, sans tentes ni le début d’un toit pour passer la nuit » et a appelé les responsables « à agir avec urgence et trouver des solutions systémiques et durables ».

Lors de cet échange de vues, nombreux sont ceux qui ont demandé une réforme pérenne de l’asile et « des mécanismes permanents par lesquels chaque État membre joue son rôle », a dit pour sa part la députée maltaise Roberta Metsola (PPE) alors que la Commission doit présenter son Pacte sur l’asile et la migration le 30 septembre.

« On attend ce Pacte », a renchéri Sophie in ’t Veld (Renew Europe, néerlandaise), mais « je serai contre un Pacte qui reproduit les pratiques (actuelles) » avec une multiplication « de Moria ».

Sans donner beaucoup d’éléments sur ce Pacte, qui permettra déjà de répondre plus vite aux catastrophes grâce à une sorte de « pool de ressources » identifiées à l’avance, la commissaire a reconnu qu’il fallait un mécanisme permanent de solidarité et qu’il était temps de recommencer une discussion « sur la façon dont cette solidarité doit être exercée » dans l’UE.

Mais jeudi, elle s’est surtout concentrée sur Moria et a appelé à ne pas tirer de conclusions tant que les circonstances de l’incendie ne sont pas connues. Des affrontements entre migrants et police en réaction à de nouvelles mesures de quarantaine pourraient en être à l'origine, alors que d’autres médias évoquaient un problème électrique avec des groupes électrogènes défectueux.

La Commission a pris en charge le transfert de 400 mineurs isolés vers le continent et « il ne reste presque plus d'enfants ni de femmes enceintes » a-t-elle dit. La commissaire a aussi réitéré son offre d’assistance à la Grèce, qui, jeudi après-midi, n’avait toujours pas demandé l’activation du mécanisme de protection civile. Le PE se saisira à nouveau du sujet le 17 septembre, lors d’un débat en plénière. (Solenn Paulic)

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