La Commission européenne a adopté, mardi 30 mai, son projet de budget de l’UE pour 2018, prévoyant une hausse de 8,1% des crédits de paiements par rapport à 2017.
Les eurodéputés ont salué le fait que la Commission intègre dans le projet de budget 2018 les résultats de la révision à mi-parcours du cadre financier pluriannuel (CFP) 2014-2020, alors que le Royaume-Uni n’a pas encore levé sa réserve sur cet accord.
+8,1%, ce n’est pas exagéré, selon M. Oettinger. Le projet de budget pour l’an prochain s’élève à 160,6 milliards d’euros en engagements (+1,4% comparé à 2017) et 145,4 milliards d’euros en paiements (+8,1%). La hausse des paiements s’explique par le fait que les programmes structurels et d'investissement de l'UE pour la période 2014-2020 devraient atteindre leur vitesse de croisière en 2018 (hausse de 25% des fonds prévus au titre de la politique de cohésion). « Ce n’est pas exagéré de la part de la Commission : il s’agit de mettre en œuvre les projets voulus par les pays de l’UE dans le respect du CFP et de la législation européenne », a assuré le commissaire au Budget, Günther H. Oettinger, devant les députés de la commission des budgets du PE.
Prise en compte de la révision à mi-parcours du CFP. Le budget proposé s'inscrit dans les limites du CFP, en partant toutefois de l'hypothèse que la révision à mi-parcours sera formellement adoptée par le Conseil peu de temps après les élections générales qui se tiendront le 8 juin au Royaume-Uni. Dans le cas contraire, certaines des dépenses supplémentaires proposées, comme les 700 millions d'euros restants en faveur de l'initiative pour l'emploi des jeunes au cours de la période 2018-2020, seraient menacées, et il sera probablement nécessaire que la Commission utilise le budget de la rubrique 2, où figure l’agriculture, pour allouer des fonds supplémentaires à la sécurité et à la migration, explique la Commission dans un communiqué. Günther Oettinger a dit devant les eurodéputés que la Commission avait évalué « la dégradation que cela entraînerait », si la révision mi-parcours n’entrait pas en vigueur. « Il faudrait préparer une nouvelle base rubrique par rubrique, programme par programme et projet par projet », a mis en garde le commissaire.
Sécurité et migration. La Commission envisage de continuer à financer un large éventail d'actions. M. Oettinger a estimé que la révision à mi-parcours représenterait « un grand soulagement », car elle prévoit des fonds supplémentaires pour ces actions. La Commission table sur 4,1 milliards d'euros en 2018 dans les domaines de la migration et de la sécurité, ce qui porte l'enveloppe globale allouée par l'UE à la migration et à la sécurité à un montant sans précédent de 22 milliards d'euros (période 2015-2018). « Nous avons pu soulager les pays les plus directement touchés en exerçant une véritable solidarité européenne », a commenté le commissaire.
Des fonds supplémentaires seront également disponibles pour combattre à l'extérieur les causes premières de la migration, via une assistance aux pays tiers confrontés à d'importants flux migratoires, comme le Liban et la Jordanie. Par ailleurs, la Commission a prévu une enveloppe de 232 millions d’euros pour être un partenaire crédible dans le cadre d’un nouvel accord UE/Turquie, a précisé M. Oettinger.
Défense. La Commission a lancé en 2017 une action dite préparatoire pour les travaux de recherche en matière de défense financée par l'Union. Un montant total de 90 millions d'euros est prévu dans le budget pour la période 2017-2019 (dont 40 millions prévus pour 2018) afin de financer la recherche collaborative dans les technologies et les produits innovants dans le domaine de la défense.
Stimuler l'emploi et l'investissement. Le Fonds européen pour les investissements stratégiques (FEIS) devrait déjà avoir mobilisé 194 milliards d'euros d'investissements à ce jour. En 2018, la Commission propose 16 milliards d’euros pour le FEIS et d'allouer une contribution supplémentaire de 2 milliards d'euros au fonds de garantie du FEIS II.
La Commission prévoit 770 millions d’euros en plus pour le programme de recherche Horizon 2020. Le financement du plan Juncker (FEIS) ne doit pas se faire au détriment du programme Horizon 2020, a dit M. Oettinger.
Fin 2016, 1,6 million de jeunes environ avaient bénéficié d'actions relevant de l'initiative pour l'emploi des jeunes. Cette initiative a contribué à réduire le taux de chômage des jeunes dans la plupart des États membres. Toutefois, étant donné que les taux de chômage restent toujours supérieurs aux niveaux antérieurs à la crise financière, il est nécessaire de continuer, au niveau de l'UE, à déployer des efforts et à apporter une aide.
Une enveloppe supplémentaire de 1,2 milliard d'euros est prévue pour l'initiative emploi des jeunes sur la période 2017-2020, dont 233 millions d'euros sont inclus dans le projet de budget 2018 et 500 millions d'euros dans un budget rectificatif pour 2017, qui est également proposé.
La Commission prévoit 55,4 milliards d'euros pour les Fonds structurels et d'investissement en faveur des régions et des États membres et environ 59,6 milliards d'euros pour les agriculteurs et le développement rural. (Lionel Changeur)