Face à l'absence des États-Unis au premier sommet du G20 organisé sur le continent africain, les dirigeants de l'Union européenne entendent démontrer à leurs interlocuteurs qu'ils partagent les mêmes préoccupations et sont des partenaires dignes de confiance.
« L’UE souhaite transmettre un message clair à ses partenaires : nous sommes un partenaire prévisible, fiable et digne de confiance », a déclaré depuis Johannesburg le président du Conseil européen, António Costa, vendredi 21 novembre, à la veille du sommet annuel des 20 principales économies de la planète. « Nous croyons au système multilatéral », a-t-il ajouté, estimant qu'« aucun pays ne peut affronter seul les problèmes de la planète ».
M. Costa a assuré que les Européens partagent les priorités de la présidence sud-africaine, à savoir : « la solidarité, l'égalité et le développement durable ». Et il a salué les initiatives « positives » destinées à « soulager le poids lié au service de la dette publique, qui empêche les pays en développement d'investir dans leur avenir ».
Avant l'ouverture du sommet, plus de trente anciens dirigeants internationaux ont rejoint l'appel des présidents brésilien et sud-africain ainsi que du Premier ministre espagnol en faveur de la création d'un panel international chargé de s'attaquer aux inégalités socioéconomiques mondiales.
Pour le président américain, Donald Trump, qui a pratiquement supprimé les activités de l'agence US Aid, évoquer un tel enjeu, ainsi que la question climatique, de surcroît au sein d'une instance multilatérale, constitue un affront. Sans fondement, il a accusé l'Afrique du Sud d'un prétendu 'génocide blanc', infligeant à Pretoria des taxes douanières de 30%.
À la veille du sommet du G20, il était impossible d'affirmer que les pays participants seront en mesure d'approuver une déclaration commune, en l'absence de tout représentant américain.
Si un texte est approuvé, les Européens souhaitent qu'un langage soit trouvé pour promouvoir un commerce international fluide, notamment de matières premières critiques, sans froisser la Chine. Concernant le changement climatique, ils ne veulent pas de retour en arrière par rapport aux formules trouvées à Rio de Janeiro en novembre 2024 (EUROPE 13527/11).
Aux côtés de M. Costa, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a espéré que le sommet identifiera « des solutions communes à des défis communs ». Elle a cité l'importance : - de préserver des échanges commerciaux basés sur les règles internationales, au lendemain de la signature d'un partenariat avec l'Afrique du Sud (EUROPE 13756/7) ; - de poursuivre la lutte contre les dérèglements climatiques ; - d'appréhender les opportunités et les risques liés aux bouleversements technologiques.
Vendredi, Mme von der Leyen et le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, ont présenté les résultats d'une campagne ayant permis de lever plus de 15 milliards d'euros d'investissements dans les énergies renouvelables en Afrique (voir autre nouvelle). En 2024, alors que les investissements dans les énergies propres ont atteint 2 000 milliards d'euros, seulement 2% de ce montant ont été investis en Afrique, a relevé la présidente de la Commission. (Mathieu Bion)