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Bulletin Quotidien Europe N° 13757
POLITIQUES SECTORIELLES / Climat

Les négociations de la COP30 achoppent sur la question des énergies fossiles, l’UE considère le projet d’accord insuffisant

Les discussions climatiques de Belém sont entrées dans leur dernière journée avec une grande incertitude. Alors que la COP30 devait toucher à sa fin ce vendredi 21 novembre, les délégations peinaient à avancer, à l’heure où nous écrivons ces lignes (19h, heure de Bruxelles), sur le point le plus sensible du sommet, à savoir la manière d’inscrire dans l’accord final une transition mondiale hors des énergies fossiles. 

Le projet de texte présenté par la Présidence brésilienne a suscité d’importantes réactions en supprimant toute référence explicite aux combustibles fossiles. 

Un choix que de nombreuses parties jugent incompréhensible au regard des engagements pris ces dernières années.

Une proposition jugée trop peu ambitieuse. Selon l’AFP, les deux semaines de négociations à Belém (Brésil) n’ont pas permis de rapprocher les positions et le document présenté vendredi ne comporte ni mention des « combustibles fossiles » ni indication d’une 'feuille de route', contrairement à ce que le président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, avait lui-même soutenu publiquement.

En outre, d'après l’Union européenne, le texte actuel est trop éloigné du niveau d’ambition nécessaire pour être acceptable. Le commissaire européen chargé de l’Action pour le climat, Wopke Hoekstra, a averti que les négociateurs se trouvent désormais face à « un scénario sans accord », en l’absence de progrès sur l’atténuation.

Dans un déclaration, il a affirmé : « Nous ne sommes en aucun cas proches de l’ambition nécessaire en matière d’atténuation. Nous sommes disposés à être ambitieux sur l’adaptation, mais toute formulation sur la finance doit rester strictement dans les engagements conclus l’an dernier ».

La cheffe de la délégation du Parlement européen, Lídia Pereira (PPE, portugaise), quant à elle, a souligné que les échanges ont permis « des progrès importants », estimant toutefois qu’il est indispensable d’obtenir « des mesures plus concrètes » sur l’atténuation et la transition énergétique, rappelant que « l’engagement doit être le même pour tous ».

L'échec qui profiterait « aux pétro-États »Bas Eickhout (Verts/ALE, néerlandais) a affirmé, dans une déclaration à la presse, qu’avec une telle base, « ne pas avoir d'accord vaudrait mieux qu’un mauvais accord », dénonçant l’absence totale de référence à la sortie progressive des énergies fossiles. Et d’ajouter qu’un échec profiterait « aux pétro-États et aux forces climatosceptiques », mais aussi au président américain, Donald Trump, qui s'est retiré de l'Accord de Paris dès son élection en début d'année, et ses alliés.

Une trentaine d'États, de leur côté, ont fait savoir à la Présidence brésilienne qu’ils ne soutiendraient pas un texte dépourvu de lignes directrices pour réduire la dépendance mondiale à l'égard des combustibles fossiles, selon l’Agence France Presse (AFP).

Néanmoins, les producteurs de pétrole étaient tenus pour responsables du refus d’intégrer une trajectoire claire de sortie des énergies fossiles.

L’Arabie saoudite et la Russie, mais aussi l’Inde et plusieurs pays émergents rejetteraient l’idée d’intégrer les énergies fossiles dans l’accord.

La Présidence brésilienne appelle à un accord in extremisLa Présidence brésilienne poussait encore pour un compromis, vendredi 21 novembre au matin (heure locale). 

Ainsi, lors de sa conférence de presse, le président de la COP30, André Corrêa do Lago, a exhorté les délégations à préserver la volonté de coopération, car un échec ébranlerait l’architecture internationale issue de l’Accord de Paris il y a dix ans. « Ne soulignons pas cette division maintenant, il nous reste encore un peu de temps pour parvenir à un accord », a-t-il affirmé. (Nithya Paquiry)

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