Réunissant 64 pays, le forum ministériel UE-Indo-pacifique, vendredi 21 novembre, a permis à l’UE de réaffirmer sa volonté de poursuivre des partenariats « fondés sur le respect du droit international » dans la région, dans un contexte géopolitique agité.
« Il ne faut pas mettre tous ses œufs dans le même panier. Il s’agit de voir comment ces relations peuvent contribuer à la diversification de nos échanges commerciaux et de nos partenariats en termes de défense et de sécurité », a rappelé la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, lors d’une conférence de presse.
Agression russe en Ukraine. La Haute Représentante a expliqué que les échanges avaient, en partie, porté sur la guerre menée par la Russie en Ukraine en tant que menace pour la sécurité de l’Europe, « mais aussi pour celle de la région indo-pacifique et pour un ordre international fondé sur des règles ».
Elle a ainsi estimé que les agissements russes pouvaient inspirer des pays de la région « qui ont un appétit pour des territoires voisins ».
Plus tôt, lors du Forum, la vice-ministre parlementaire des Affaires étrangères du Japon, Arfiya Eri, déclarait que « les activités militaires affirmées de la Chine, de la Corée du Nord et de la Russie », dans le voisinage de l'archipel et de la région, suscitaient « de vives inquiétudes ».
La Chine et la Russie « remodèlent » l'ordre mondial. Comme lors des dernières éditions, la Chine n’était pas conviée au forum ministériel, « étant donné qu’il existe d’autres formats pour échanger sur les relations sino-européennes », comme l’ont justifié plusieurs participants, dont le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul.
Dans un discours prononcé devant les ministres invités, Mme Kallas a ainsi critiqué ouvertement Pékin pour ses exportations « à double usage », alimentant la guerre menée par la Russie.
Et d’ajouter : « La Chine et la Russie collaborent pour remodeler l'ordre économique et sécuritaire mondial. Voilà qui nous concerne tous ».
Elle a également indiqué que l’UE avait échangé avec les pays directement concernés de la problématique de la 'flotte fantôme' russe, qui a fait l’objet d’une attention particulière lors du Conseil 'Affaires étrangères' de la veille (EUROPE 13756/2).
Plus largement, les discussions ont porté sur la sécurité maritime, avec notamment un événement consacré à la protection des infrastructures maritimes critiques, qui a eu lieu dans l’après-midi. (Pauline Denys)