À trois jours de la clôture de la COP29, les négociations sur le financement climatique restent bloquées, malgré l’appel des dirigeants du G20, formulé dans la nuit du 18 au 19 novembre à Rio (Brésil), à intensifier la coopération mondiale. Alors que les besoins des pays en développement sont estimés à 1 000 milliards de dollars par an d’ici 2030, aucun accord concret n’a encore été trouvé à Bakou (Azerbaïdjan).
Dans une déclaration publiée le matin du 19 novembre depuis Rio, les dirigeants du G20 ont appelé à augmenter les financements publics et privés pour soutenir les efforts climatiques des pays en développement, le « nouvel objectif collectif quantifié » (NCQG) en faveur des pays les plus vulnérables (EUROPE 13522/10) étant l'enjeu principal du Sommet à Bakou.
Le Secrétaire exécutif de l’ONU sur les changements climatiques, Simon Stiell, a salué cet engagement dans une déclaration : « Les délégations du G20 ont reçu leur ordre de marche : ne quittez pas Bakou sans un nouvel objectif financier ambitieux ».
Cependant, le texte reste flou sur la répartition des contributions entre les pays développés et les grandes économies émergentes comme la Chine, un sujet qui divise lors des négociations. Les demandes des pays vulnérables pour des financements clairs et accessibles se heurtent aux hésitations des grandes puissances à s’engager davantage.
L’Union européenne, représentée par le commissaire Wopke Hoekstra, participe activement aux discussions.
Lors de déclarations précédentes (EUROPE 13526/9), tenues le 18 novembre, le commissaire européen avait insisté sur le rôle central du financement public, tout en appelant à mobiliser des ressources privées et multilatérales pour atteindre les objectifs climatiques.
L’UE s’efforce également de faire avancer les discussions sur l’article 6 de l’Accord de Paris, qui vise à structurer les marchés du carbone.
La délégation parlementaire européenne, arrivée le 18 novembre, suit les négociations en observatrice. Lídia Pereira (PPE, portugaise), présidente de la délégation, a évoqué l'importance de ces discussions pour préparer l’avenir : « Nous devons élargir la base des donateurs pour répondre aux besoins climatiques croissants, tout en posant les bases de la COP30 au Brésil. »
Des avancées en marge des négociations globales. Malgré l’impasse sur les grands engagements financiers, des progrès sectoriels sont apparus. La déclaration sur la réduction des émissions de méthane, signée par 30 pays représentant 47% des émissions mondiales issues des déchets organiques, vise à fixer des objectifs sectoriels ambitieux.
L’initiative Harmoniya, lancée avec l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), centralisera les financements destinés aux agriculteurs pour renforcer leur rôle dans l’action climatique.
La Présidence azerbaïdjanaise est attendue pour débloquer les discussions et rapprocher les positions. Simon Stiell a exhorté les parties à dépasser les blocages : « Nous avons un besoin urgent de trouver un terrain d’entente sur toutes les questions ».
La COP29 devant s'achever le 22 novembre, l'atteinte d'un compromis sera décisive pour définir les bases des futures discussions climatiques, notamment en vue de la COP30 qui se tiendra au Brésil.
La déclaration du G20 (en anglais) : https://aeur.eu/f/ee8 (Nithya Paquiry)