La COP29 à Bakou (Azerbaïdjan), consacrée à la finance pour le climat, a entamé sa seconde semaine de négociations, lundi 18 novembre, sans avancées majeures, comme l'a souligné le commissaire européen à l’Action pour le climat, Wopke Hoekstra, lors d’une conférence de presse.
« Abordons tout de suite l'éléphant dans la pièce : oui, si vous regardez le contexte géopolitique qui est dans l'esprit de tout le monde, à travers ces négociations, le contexte est en effet difficile », a-t-il concédé.
Faisant sans nul doute référence aux conflits actuels en Ukraine, au Proche-Orient, mais également aux résultats des élections américaines, qui ne laissent pas présager que l’action pour le climat restera une des grandes priorités à l’échelle internationale, M. Hoekstra a toutefois affirmé qu’il était possible et nécessaire d’obtenir un bon résultat « d’ici la fin de la semaine ».
Présidence azerbaïdjanaise. Afin de redoubler d’efforts pour maintenir le cap de 1,5 degré de réchauffement de l’Accord de Paris, le commissaire a appelé à se concentrer sur les négociations politiques, en réduisant « les bruits de fond », ciblant assurément les nombreuses critiques vis-à-vis de la Présidence azerbaïdjanaise de la COP (EUROPE 13525/7).
Toutefois, il a invité l’Azerbaïdjan à s’activer et à commencer à rassembler les parties autour de textes plus concrets dès que possible cette semaine. « Nous avons besoin d'une Présidence pour diriger et nous orienter vers un terrain d'atterrissage sûr », a-t-il souligné.
Financemement public. Concernant le « nouvel objectif collectif quantifié » (NCQG) en faveur des pays les plus vulnérables (EUROPE 13522/10), il a réaffirmé que le financement public devait rester au cœur des négociations, indiquant que chacun avait la responsabilité de contribuer en fonction de ses émissions et de sa croissance économique, faisant allusion à la Chine.
Appelant à mettre davantage de ressources sur la table, il a néanmoins reconnu « qu'il n'y aura jamais assez d'argent public, quelle qu'en soit la source. (…) Nous sommes ici pour concevoir un système qui reflète les réalités de notre monde. Réalités économiques et réalités liées aux émissions ».
Concernant le travail sur l’article 6 de l’Accord de Paris sur la tarification du carbone et les marchés du carbone, il a estimé que celui-ci pourrait avoir « un impact considérable » cette semaine, sans davantage de précisions.
Simon Stiell, secrétaire exécutif des Nations unies pour le changement climatique, a salué des avancées significatives sur ce point (EUROPE 13522/10), mais a dit que, de façon générale, énormément de travail restait sur la table des négociations.
Contributions nationales. Au sujet de l’atténuation des effets du changement climatique, le commissaire Hoekstra a félicité les annonces du Brésil, des Émirats arabes unis et du Royaume-Uni concernant leurs 'Contributions déterminées au niveau national' (NDC) et a indiqué que l’UE prévoyait également une NDC ambitieuse, conforme à l'objectif de 1,5 °C (EUROPE 13430/4).
Rejoignant les déclarations de M. Hoekstra et M. Stiell, le président de la COP29, Moukhtar Babaïev, s’est dit préoccupé par la lenteur des négociations et a appelé les dirigeants du sommet du G20 au Brésil, actuellement en cours, à « donner des mandats clairs à respecter lors de la COP29 » pour arriver à un résultat d’ici la fin de la conférence, le 22 novembre. (Pauline Denys)