Le ministre espagnol de l'Agriculture et de la Pêche, Luis Planas, a indiqué à son arrivée au Conseil, lundi 18 novembre, qu'il demandait conjointement, avec ses homologues français et italien, respectivement Fabrice Loher et Francesco Lollobrigida, un moratoire sur l'effort de pêche (jours de mer) en Méditerranée en 2025 afin de sauver les flottes de pêche.
Les ministres européens de la Pêche ont discuté des propositions sur les totaux admissibles de captures (TAC) et quotas pour 2025 en Méditerranée, mais aussi dans l'Atlantique.
« Nous estimons que l'application du règlement en Méditerranée occidentale a produit, en cinq ans, une réduction très importante du nombre de jours de travail des navires et que le rendement maximal durable n'a été atteint que partiellement », a expliqué M. Planas, qui préconise de « chercher de nouvelles façons d'atteindre les objectifs sans que les ports de pêche ne disparaissent ».
Le ministre espagnol a évoqué le besoin de trouver un équilibre entre l'état des stocks biologiques et l'impact économique et social des mesures proposées, a-t-il déclaré, souhaitant aborder cette question avec le futur commissaire à la Pêche, Costas Kadis, afin qu'il en tienne compte lorsque les ministres devront se mettre d'accord les 8 et 9 décembre prochains sur les TAC et quotas 2025.
Effort de pêche réduit de 40% en 5 ans. Fabrice Loher, le ministre français délégué responsable de la Pêche, a indiqué lui aussi que les mesures de réduction de l'effort de pêche sont inacceptables pour les pêcheurs. « On en est à un point de rupture qui mettrait en péril l'ensemble de la filière. S'il y a moins de volumes dans les criées, ces dernières ne sont plus rentables et, s'il n'y a plus de criées, il n'y a plus de mareyage, au risque de mettre en difficulté l'ensemble de la filière », a expliqué M. Loher. Selon lui, une déclaration commune des trois pays en question vise à sortir de cette logique de réduction de l'effort de pêche, qui a été réduit de 40% en 5 ans, et d'autres efforts seraient inacceptables, à ses yeux.
Il a demandé une révision de ce plan de gestion, pour donner un avenir aux activités de pêche dans la région.
La flotte de pêche de l'UE voit sa rentabilité s'améliorer. Par ailleurs, la Commission a publié lundi le rapport (https://aeur.eu/f/ecu ) économique annuel 2024 sur la flotte de pêche de l'UE, qui fait état, lui, d'une amélioration substantielle des performances économiques de la flotte, les bénéfices bruts ayant augmenté par rapport à 2022 et 2023 pour atteindre 1 673 millions d'euros en 2024, selon les prévisions.
Cette amélioration est attribuée à des facteurs tels que les progrès réalisés en matière de durabilité des stocks, l'augmentation des prix moyens à la première vente pour plusieurs espèces clés, la réduction de la capacité de pêche, la baisse des prix du carburant et la diminution de la consommation de carburant, explique la Commission.
Autre enseignement : les flottes ciblant des stocks exploités de manière durable pendant plusieurs années ont tendance à améliorer leur rentabilité et leurs salaires. L'étude montre également que l'adoption de techniques de pêche moins gourmandes en carburant n'apporte pas seulement des avantages environnementaux, mais réduit également les coûts et renforce la résilience socioéconomique. (Lionel Changeur)