La Russie a cessé de livrer du gaz à l’Autriche, samedi 16 novembre, comme l’avait annoncé la veille à Vienne le chancelier autrichien, Karl Nehammer. Cette décision fait suite à la déclaration du principal fournisseur d'énergie du pays, OMV, de cesser de payer le gaz de Gazprom pour compenser une sentence arbitrale de 230 millions d'euros qu'elle a obtenue à la suite d'une coupure antérieure de gaz à sa filiale allemande (EUROPE 13525/18).
« Gazprom, le fournisseur de gaz russe, affirme qu'il n'y aura plus de livraisons de gaz à partir de demain », avait ainsi prévenu M. Nehammer lors d’une conférence de presse organisée à la hâte pour tenter de rassurer que l’Autriche disposait d’un approvisionnement sûr en combustible alternatif pour cet hiver.
Dans la foulée, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a soutenu le chancelier en lui affirmant que l’Europe restait unie pour soutenir l’Autriche.
« Une fois de plus, (Vladimir) Poutine utilise l'énergie comme une arme. Il tente de faire chanter l'Autriche et l'Europe en coupant l'approvisionnement en gaz », a-t-elle déclaré sur le réseau social X.
Elle a néanmoins rejoint la position de M. Nehammer, selon lequel l’UE était prête « à cette éventualité et prête à affronter l'hiver », avec des stocks de gaz remplis dans toute l'Union européenne.
À noter que l'accord de transit de gaz russe via l'Ukraine doit prendre fin d'ici la fin de l'année (EUROPE 13506/14). (Pauline Denys)