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Bulletin Quotidien Europe N° 13526
ACTION EXTÉRIEURE / Proche-orient

Pas d’accord des ministres européens sur des mesures à l’encontre d’Israël

Comme il fallait s’y attendre, les ministres des Affaires étrangères de l’UE n’ont pas soutenu, lundi 18 novembre, la proposition du Haut Représentant de l’UE pour la Politique étrangère et la Politique de sécurité, Josep Borrell, de suspendre le dialogue politique avec Israël.

Soulignant la situation « apocalyptique » à Gaza et précisant qu’il n’avait « plus de mots » concernant la situation au Moyen-Orient, le Haut Représentant a expliqué aux médias avoir voulu suspendre la partie de l’accord d’association qui est de la compétence unique du Conseil, « sachant que la Commission européenne n’a rien proposé », après les demandes espagnole et irlandaise (EUROPE 13350/1).

« La plupart des États membres ont considéré qu'il valait mieux continuer les relations politiques et diplomatiques avec Israël », a-t-il annoncé à la fin du Conseil des Affaires étrangères, reconnaissant que cette décision était prévue.

« J’ai fait ce que je pensais bon de faire, présenter un rapport qui reprend les informations, les faits et, sur cette base, j’ai fait une proposition qui correspondait à ce que mon jugement me dictait de faire », a-t-il justifié, alors que certains ministres, plus tôt dans la journée, avaient exprimé leur incompréhension.

« Je me demande donc ce qu'il veut obtenir. Je pense qu'il est préférable (...) de faire ce que nous pouvons réaliser dans le cadre du consensus, plutôt que de proposer des idées individuelles comme celle-ci. Parfois, il s'agit de sanctions, parfois d'une suspension du dialogue. Cela ne donne rien, ce n'est pas très cohérent », avait ainsi souligné le ministre tchèque, Jan Lipavský, à son arrivée au Conseil. « Nous devons garder les portes ouvertes », a souligné le Néerlandais Casper Veldkamp, rappelant que le Haut Représentant avait poussé précédemment pour un dialogue politique. « Il y a un nouveau ministre israélien des Affaires étrangères, bientôt il y aura un nouveau Haut Représentant. Utilisons cette occasion pour avoir un dialogue », a-t-il ajouté.

Si M. Borrell était soutenu dans sa démarche par le secrétaire d’État espagnol, Diego Martínez Belío, qui a expliqué que la situation à Gaza était « désastreuse et inacceptable », pour le ministre italien Antonio Tajani, « boycotter le dialogue avec Israël n’a aucun sens. Si vous voulez œuvrer pour la paix, vous ne pouvez pas vous empêcher de parler à Israël ». « Vous avez peut-être des idées différentes de celles d’Israël, mais penser à interrompre le dialogue avec Israël n’a aucun sens, et surtout, cela n’est pas utile si l’on veut parvenir à la paix », a-t-il ajouté.

Au-delà du dialogue, le Haut Représentant a aussi mis en avant les mesures qui pourraient être prises pour garantir le respect des engagements de ne pas faire de commerce avec les produits fabriqués dans les territoires palestiniens occupés, conformément aux règles de la Cour internationale de justice. Les Européens doivent déjà labéliser les produits venant des colonies. « Les États membres décideront s'ils envisagent de prendre des mesures supplémentaires suite à la décision de la CIJ », a précisé M. Borrell.

Accord sur le soutien à l’Autorité palestinienne. À l'issue du Conseil, le commissaire européen au Voisinage, Olivér Várhelyi, a annoncé un accord entre la Commission européenne et l’Autorité palestinienne sur un programme de réformes solide et crédible, « avec des engagements fermes de l'AP en matière de stabilité budgétaire et financière, de responsabilité, d’État de droit et de transparence, de réformes de la masse salariale, de révision de l'éducation et des programmes, du système de sécurité sociale et du système de paiement des prisonniers et de lutte contre la corruption ». Cet accord va permettre le déboursement d’une aide d’urgence de 110 millions d’euros, a-t-il annoncé sur X.

Par ailleurs, M. Borrell a annoncé que la prochaine réunion de suivi de l’Alliance mondiale pour la mise en œuvre de la solution à deux États se tiendra le 28 novembre à Bruxelles. (Camille-Cerise Gessant)

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