Le sommet du G20, qui s'est tenu lundi 18 et mardi 19 novembre à Rio de Janeiro, aurait pu être l'occasion d'annoncer la conclusion des négociations entre l'UE et le Mercosur sur l'accord commercial, mais il n'en a rien été. À la place, l'UE espère faire cette annonce lors du sommet des pays du Mercosur, les 5 et 6 décembre. Les négociateurs des deux côtés se retrouveront encore la semaine prochaine pour éventuellement finaliser les derniers détails de l'accord. « Nous sommes optimistes quant à la conclusion. En substance, l'accord est presque terminé », affirme un diplomate européen.
S'il reste encore des détails importants à régler, « il est coutume qu'il y en ait jusqu'à la dernière minute », selon cette source. Des négociations doivent encore avoir lieu sur la question du respect de l'Accord de Paris, sur l'accès des produits agricoles sur le marché européen et sur l'ouverture des marchés publics dans le Mercosur.
Une deuxième source estime que le moment est venu d'avoir l'impulsion du niveau politique pour régler ces questions en suspens, car des compromis semblent être en vue sur les différents sujets.
Tout n'est toutefois pas joué. La Commission européenne, qui devra annoncer la clôture des décisions, attend la confirmation de son collège par le Parlement européen. Un retard du début de la nouvelle Commission pourrait bousculer le calendrier de l'annonce d'un accord avec le Mercosur.
En 2023 déjà, une clôture des discussions avait été envisagée, sans avoir toutefois eu lieu.
Un an plus tard, les sensibilités chez les deux parties pourraient toujours empêcher le plus haut niveau de faire une telle annonce. Dans l'UE, les agriculteurs se sont encore mobilisés ces derniers jours contre l'accord commercial et plusieurs États membres ont également réaffirmé haut et fort leur opposition.
Le député européen Pascal Canfin (Renew Europe, français) estime que la France pourrait bien rallier assez de pays pour former une minorité de blocage au Conseil contre l'accord et aussi qu'un rejet au Parlement européen est possible. Ceci n'interviendra toutefois que dans un deuxième temps, une fois que l'accord aura été conclu et présenté aux colégislateurs pour ratification. (Léa Marchal)