L’industrie de l'aviation, qui s’est réunie mardi 19 novembre lors du Sommet européen de l’aviation civile, demande une simplification des normes et a besoin d’investissements pour gagner en compétitivité et respecter le ‘Pacte vert’ (EUROPE 13505/22).
Klaus Schneider, directeur technique chez Liebherr-Aerospace & Transportation SAS, a réaffirmé pleinement le soutien du secteur de l’aviation au ‘Pacte vert’, « sans compromis ». Il a cependant souligné l’importance de la compétitivité et de l'innovation, qui permettront d’atteindre les objectifs de durabilité. Selon lui, il s’agit de « trouver le bon équilibre ». Guillaume Faury, PDG d'Airbus et président de l’association représentant les industries européennes de l'aérospatiale, de la sécurité et de la défense (ASD), a défendu la même position. Il a insisté en particulier sur le besoin urgent d’investissement. « La rentabilité et la durabilité vont de pair », a-t-il estimé.
M. Faury a mis en exergue la place de l'industrie aéronautique dans l'économie de l’UE. « Elle contribue de manière essentielle à la prospérité, c'est l'un des rares secteurs où l'UE est leader, il faut la protéger et la soutenir », a-t-il affirmé. Le rapport de l’ASD publié le même jour révèle en effet que ce secteur représente plus d'un million d'emplois, soit 8% de croissance par rapport à l’année précédente. En 2023, le chiffre d'affaires a augmenté de 10,1% pour atteindre 290,4 milliards d'euros, soit 3% de croissance dans l'aéronautique civile.
Roberto Cingolani, PDG de l’entreprise aéronautique Leonardo, juge l'hydrogène prometteur, mais les carburants d'aviation durables (SAF), qui utilisent entre autres la biomasse et les déchets plastiques, le sont encore plus. Ils nécessitent une production massive, donc une amélioration de l'infrastructure. « L'UE devrait être neutre sur le plan technologique, car il n’y a pas de solution miracle et cela nous donne plus de possibilités », a-t-il recommandé.
De son côté, Beatriz Yordi, directrice des marchés du carbone et de la mobilité propre au sein de la direction générale de l'action pour le climat (DG CLIMA) de la Commission européenne, a insisté sur « le coût de l’inaction climatique ». Citant en exemple les récentes inondations en Espagne (EUROPE 13523/2), elle a rappelé que les catastrophes climatiques sont délétères pour l’économie.
Moins de réglementation. MM. Schneider et Faury ont tous deux déploré la surréglementation des dernières années et ont appelé à une simplification administrative. Le PDG d’Airbus a évoqué notamment la directive ‘CSRD’ sur le reporting de durabilité des entreprises (EUROPE 13522/23). « Certaines réglementations sont contre-productives, il faut les corriger, car elles découragent l'investissement », a-t-il souligné.
Florian Guillermet, le directeur exécutif nouvellement nommé de l’Agence de l'Union européenne pour la sécurité aérienne (EASA), a évoqué lui aussi la simplification administrative, en particulier concernant les informations de sécurité que le secteur de l’aviation doit fournir à l’EASA. « Il s'agit d'un changement culturel au sein de l'agence, il faut nous harmoniser avec nos partenaires », a-t-il défendu, mentionnant la piste de la numérisation. Selon lui, celle-ci permettrait également d’améliorer la sécurité aérienne.
Lire le rapport de l'ASD : https://aeur.eu/f/ee2 (Anne Damiani)