Les ambassadeurs des États membres auprès de l'Union européenne (Coreper II) sont parvenus, mercredi 14 mai, à un accord unanime de principe sur le 17e paquet de sanctions européennes visant la Russie en raison de son agression militaire de l'Ukraine.
La Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, Kaja Kallas, s'est félicitée de l'accord sur ce nouveau paquet de sanctions. Ces mesures « assèchent le trésor de guerre de la Russie » en ciblant « une plus grande partie de la 'flotte fantôme' russe, qui transporte illégalement du pétrole dont les revenus servent à financer l'agression de Poutine », a-t-elle déclaré via les réseaux sociaux.
Il sera interdit d'exporter vers la Russie des produits chimiques utilisés dans la production de missiles. La 'flotte fantôme' russe, qui lui permet d'écouler ses hydrocarbures malgré les restrictions imposées par les Occidentaux, fait l'objet de sanctions qui viseront « 189 navires supplémentaires », selon la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.
Concernant les sanctions individuelles, 30 entreprises supplémentaires impliquées dans l'évasion des sanctions, en particulier dans les biens à double usage, seront soumises à de nouvelles restrictions commerciales. Et 75 sanctions individuelles supplémentaires toucheront des personnes et des entreprises liées au complexe de l'industrie militaire russe.
Concernant les sanctions dites 'hybrides', des bases juridiques seront introduites dans la législation de l'UE pour sanctionner : - la flotte qui détruit des actifs tangibles tels que les câbles sous-marins, les aéroports et les serveurs ; - les facilitateurs financiers ; - les organes actifs dans la diffusion de désinformation et de propagande, selon les termes de l'UE.
Enfin, une vingtaine de juges et de procureurs russes impliqués dans les affaires ayant permis les condamnations des opposants politiques de feu Alexeï Navalny (EUROPE 13414/27) et de Vladimir Kara-Mourza (EUROPE 13195/2) feront l'objet de sanctions de la part de l'UE.
L'adoption formelle du 17e paquet de sanctions de l'UE est prévue lors du Conseil 'Affaires étrangères' de mardi 20 mai, deux États membres devant encore lever leur réserve parlementaire. (Mathieu Bion)