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Bulletin Quotidien Europe N° 13640
ACTION EXTÉRIEURE / Royaume-uni

à cinq jours du Sommet de Londres, les Vingt-sept critiquent à nouveau les demandes sélectives britanniques

Les représentants permanents des États membres auprès de l’UE (Coreper) n’ont pas reçu des signaux très encourageants de la part de la Commission, mercredi 14 mai, s’agissant des discussions en cours avec le Royaume-Uni, ont rapporté plusieurs sources.

Alors que l’UE et le Royaume-Uni se réuniront lundi 19 mai à Londres pour le premier Sommet commun depuis le ‘Brexit’ en 2021, la Commission aurait en effet exprimé sa frustration quant à l’absence d’ouvertures de Londres sur certaines demandes clés, comme la pêche ou la mobilité des jeunes.

A contrario, plusieurs pays membres ont dénoncé une nouvelle attitude britannique de demande sélective ('cherry picking'), rendant les discussions difficiles.

La mobilité des jeunes est l’un des sujets complexes. Alors que l’UE aimerait que le Royaume-Uni rejoigne Erasmus+, c’est une fin de non-recevoir que lui a adressée Londres. Le gouvernement britannique n’est pas non plus ouvert à prévoir des frais d’accès des étudiants européens aux écoles du royaume à des tarifs moins élevés que ceux pratiqués pour les étudiants venant d’autres pays tiers dans le monde. Les Européens ne veulent pas non plus accepter le principe de quotas pour les étudiants européens.

Concernant la pêche, les discussions restent tout aussi tendues, l’offre britannique étant jugée insuffisante (un accès maintenu pendant 4 ans, selon des médias britanniques). Pour certains, cette solution provisoire de quelques années n’est pas non plus acceptable, car cela signifierait ensuite que les pêcheurs européens pourraient être totalement privés d’accès aux eaux britanniques.

Les demandes britanniques d’assouplir également les contrôles sanitaires, par exemple sur son bétail ou les produits agricoles exportés dans l’UE, passent également mal auprès de certaines délégations, car il s’agirait aussi, en cas d’aval des Vingt-sept, d’accepter du poisson britannique alors que les pêcheurs européens ne pourraient plus aller dans les eaux britanniques, résume une autre source.

D'autres sources ont aussi dénoncé un lobbying agressif du Royaume-Uni pour tenter de diviser l'UE. « Nous assistons également à une attaque très offensive du Royaume-Uni vis-à-vis de chaque État membre. Le Royaume-Uni tente de diviser les États membres afin d'obtenir plus d'influence et de pouvoir de négociation, mais, jusqu'à présent, la réponse est restée très unie et coordonnée », dit une source.

La Commission et la Présidence polonaise du Conseil de l’UE feront le point dimanche 18 mai, à l'occasion d'un Coreper supplémentaire. Le Sommet de la Communauté politique européenne, le 16 mai à Tirana, pourrait aussi être une autre occasion de négocier les textes prévus pour le Sommet de Londres. « Il reste encore un peu de temps », dit une autre source européenne.

Il est en effet prévu, à ce stade, que l’UE et le Royaume-Uni approuvent une déclaration commune sur les enjeux généraux, un 'common understanding' identifiant les domaines de coopération rapprochée et un Pacte sur la sécurité et la défense, qui ouvrirait une participation britannique au programme SAFE. (Solenn Paulic)

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