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Bulletin Quotidien Europe N° 13640
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POLITIQUES SECTORIELLES / Justice

Droit de l'insolvabilité - l’équilibre entre sécurité juridique et protection des travailleurs fait débat en commission des Affaires juridiques du PE

Les eurodéputés de la commission des affaires juridiques du Parlement européen (JURI) ont procédé, mardi 13 mai, à l’examen des 352 amendements déposés sur le projet de directive sur l’harmonisation de certains aspects du droit de l’insolvabilité (EUROPE 13079/2).

Si le rapporteur, Emil Radev (PPE, bulgare), était absent, ses propos ont été lus par le président de la commission, Ilhan Kyuchyuk (Renew Europe, bulgare). A ainsi été réaffirmé que « l’objectif de cette directive n’est pas de protéger les travailleurs, mais plutôt d’harmoniser les normes relatives à l’insolvabilité »

A été souligné notamment le besoin de « certitude juridique » pour éviter de décourager les investissements transfrontaliers.

Cette position a été contestée par le rapporteur fictif René Repasi (S&D, allemand), qui a jugé que « dire que la protection des les travailleurs entre en conflit avec des aspects relatifs à la certitude juridique et que l'objectif du droit de la solvabilité n'est pas de protéger les travailleurs, c'est une déclaration courageuse, pour dire le moins ».

Selon lui, « les travailleurs ont fait un dur labeur (…) et s’attendent à un paiement pour ce travail ». Il appelle donc à considérer leur protection comme « une partie intégrante du droit de l’insolvabilité ».

En outre, la discussion a porté aussi sur la situation des micro-entreprises. Le rapporteur propose la suppression du chapitre VI sur les procédures de liquidation simplifiées. Or, cette approche est critiquée.

 « Il y a un vrai problème », a rappelé Andreas Stein, chef d’unité à la Direction générale de la Justice de la Commission européenne. « Beaucoup de petites entreprises n’ont pas assez de fonds pour payer la procédure et nous devons faire en sorte qu’elles y aient accès », a-t-il ajouté.

Jana Toom (Renew Europe, estonienne), pour sa part, a proposé d’« introduire un plafond maximum de rémunération pour les micro-entreprises » et de laisser aux États membres la possibilité de couvrir les frais liés à ces procédures.

Ton Diepeveen (PfE, néerlandais) s’est aligné sur la position du rapporteur et a exprimé des craintes concernant « un assouplissement supplémentaire de l’accès aux curateurs étrangers » et le respect de la confidentialité des données tandis que la cybersécurité se renforce.

Sur la procédure de cession prénégociée, dite 'pre-pack', les divergences se sont également exprimées. René Repasi a salué un certain intérêt. Toutefois, il a mis en garde contre un « risque de remise en question des droits des travailleurs »

Andreas Stein a défendu son caractère prépondérant. « Si on n’arrive pas à vendre la société, les actifs seront vendus par lots (…) ; ce qui va être perdu, ce sera l’emploi », a-t-il déclaré, en ce sens. 

Par ailleurs, Arash Saeidi (La Gauche, français) a rappelé que « la justice économique ne doit pas se faire au détriment des salariés ». Et d’appeler à « veiller à la transparence des plans de restructuration » et à garantir « l’effectivité des créances salariales ».

Le vote en commission est prévu avant l’été et le début des négociations interinstitutionnelles est attendu au second semestre de cette année.

Les amendements : https://aeur.eu/f/gtu  (Nithya Paquiry)

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