Les ministres de l’Intérieur de l’UE ont discuté, jeudi 20 juillet à Logroño, en Espagne, lors d’une réunion informelle, de la façon d’aider les services de police à mener leurs enquêtes dans le monde numérique.
Alors que la Présidence suédoise du Conseil de l’UE avait mis sur pied, en février dernier, un groupe de travail sur l’accès des services policiers aux données, les ministres ont montré un « quasi-consensus » sur la nécessité de « renforcer leurs outils », a résumé la commissaire européenne aux Affaires intérieures, Ylva Johansson, ainsi que sur le fait que les services de police « doivent avoir les mêmes droits dans le monde numérique » que dans le monde réel.
Le ministre espagnol de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, a indiqué de son côté que la Présidence espagnole du Conseil de l’UE poursuivra les travaux de ce groupe de travail. La discussion de jeudi a aussi montré le besoin d’avancer au plus vite vers un « cadre juridique équilibré » qui respecte à la fois les droits fondamentaux, mais aussi le besoin de sécurité dans le monde virtuel, a ajouté le ministre, pour que les « policiers et les juges » puissent aussi être efficaces.
Si les ministres européens n’ont pas spécifiquement discuté jeudi de la proposition de règlement sur le retrait du matériel pédopornographique en ligne en cours de discussion (voir article lié), la commissaire a rappelé l’intérêt de cette législation alors que « 5,2 millions d’images ou matériel » pédopornographiques ont été rapportés en 2022 à l’UE par les entreprises.
La commissaire, qui a indiqué qu'un enfant sur cinq serait aujourd’hui touché par ces crimes de matériel pédopornographique ou de sollicitations pour des crimes sexuels en Europe, selon un rapport du Conseil de l’Europe, a ainsi appelé les États membres à adopter au plus vite ce règlement. (Solenn Paulic)