Les ministres européens de l’Agriculture et de la Pêche ont échangé, mardi 25 avril, au sujet des aspects agricoles et forestiers de la proposition de règlement établissant un cadre de certification de l’UE pour les absorptions de carbone, présentée par la Commission le 30 novembre 2022 (EUROPE 13074/9).
Pour ouvrir ce débat d’orientation, la commissaire à la Santé et à la Sécurité alimentaire, Stella Kyriakides, a rappelé « le rôle essentiel » joué par le secteur de l’agriculture dans ce domaine et les « opportunités économiques pour les agriculteurs et les sylviculteurs » que cela représentait.
Si les États membres se sont tous montrés favorables à la proposition de la Commission, de nombreux ministres de l’Agriculture ont réclamé un cadre de certification simple, ne générant pas de surcharge administrative pour les agriculteurs. Ainsi le secrétaire général grec Konstantinos Baginetas a déclaré souhaiter « garantir une accessibilité la plus large possible au cadre de certification ». En outre, Marc Fesneau, le ministre français, a souligné que ce cadre devait être suffisamment attractif en termes économiques pour susciter une adhésion forte du secteur agricole.
Le ministre belge, David Clarinval, a estimé que l’acte de base devait intégrer notamment les méthodes de certification. Les ‘certificats carbone’ doivent être attribués en fonction de la situation actuelle et non sur base de modélisation. Il a soutenu´, comme d’autres de ses homologues, un stockage de carbone temporaire.
Enfin, divers États membres ont indiqué le besoin de trouver d’autres sources de financement que la politique agricole commune (PAC) pour la mise en place de ce système. Le ministre danois a rappelé que, par ailleurs, beaucoup d'activités d'agriculture carbonées avaient « déjà le soutien de la politique agricole commune » et a demandé, par là, que la Commission « clarifie le lien entre la certification et le soutien agricole de la PAC ». (Lionel Changeur et Nithya Paquiry)