La commission de l’égalité de genre (FEMM) du Parlement européen a poursuivi, mardi 25 avril, ses discussions sur un projet de rapport d’initiative sur la « régulation de la prostitution au sein de l’UE » (EUROPE 13108/21). Au programme : un bref examen des 389 amendements.
Car le texte avancé par Maria Noichl (S&D, allemande) est loin de faire l’unanimité. Alors que les membres FEMM s'accordent sur une série de sujets abordés, comme la nécessité de développer des « stratégies de sortie » du travail du sexe, la criminalisation des clients divise, y compris au sein des groupes politiques. « Je pense qu'il y a très peu d'espoir de trouver un compromis et que l'issue sera déterminée par les résultats du vote », a conclu le rapporteur.
Christine Schneider (PPE, allemande), Karen Melchior (Renew Europe, danoise) et Monika Vana (Verts/ALE, autrichienne), rapporteurs fictifs, ont dès lors appelé à cibler le texte sur les sujets qui font consensus. En effet, déjà en 2014, un rapport sur le sujet avait déchaîné les désaccords et donné lieu à des votes fragmentés au sein des groupes (EUROPE 11027/8).
Peu encline à revenir sur la criminalisation, Mme Noichl a déclaré que s'il y aurait bien des négociations sur le fait de savoir « si la demande doit être réduite, comment elle peut l'être et si elle doit être sanctionnée », c'est l'hémicycle qui sera finalement chargé de trancher. « La politique consiste à dégager une majorité et à voir où se situe cette majorité », a-t-elle conclu.
Par ailleurs, malgré les appels aux compromis, Mme Vana (Verts/ALE, autrichienne) et Mme Melchior ont souligné qu’elles réfuteraient un rapport assimilant le travail du sexe à la traite d’êtres humains ou à l’exploitation sexuelle. Au contraire, Mme Noichl, ou encore Margarita de la Pisa Carrión (CRE, espagnole), estiment que la prostitution dans toutes ses formes est une violence de genre.
Voir le texte du rapport : https://aeur.eu/f/6j7
Et les amendements : https://aeur.eu/f/6j8 (Hélène Seynaeve)