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Bulletin Quotidien Europe N° 13169
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CONSEIL DE L'EUROPE / Russie

Le Conseil de l’Europe consulte sur la question de la participation de sportifs russes et biélorusses aux JO de Paris

L’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe a organisé, mardi 25 avril à Strasbourg, une audition sur la question de la participation ou non de sportifs russes et biélorusses aux Jeux olympiques d’été, qui se tiendront à Paris à l’été 2024.

Elle s’inscrivait dans le cadre de la préparation d’un rapport sur « Le sport en tant que vecteur d’intégrité et de valeurs », confié à la commission de la culture, de la science, de l’éducation et des médias.

Contacté en visioconférence, Andriy Chesnokov, vice-ministre de la Jeunesse et des Sports de l’Ukraine, a été clair : « Si des sportifs russes ou biélorusses participent aux Jeux olympiques de Paris en 2024, mon gouvernement ne soutiendra pas la venue d’athlètes ukrainiens à cet événement ».

La question reste en effet en suspens, comme l’a rappelé Tiny Kox, président de l’Assemblée, puisqu’après avoir annoncé l’exclusion de ces athlètes dès la fin février 2022, quelques jours après l’invasion armée de l’Ukraine par la Russie soutenue par la Biélorussie, le Comité international olympique (CIO) « est en train de changer de position et semble favoriser la participation des sportifs issus de ces deux pays ».

Un revirement fondé sur le point de vue de deux rapporteurs spéciaux du Conseil des Droits de l’homme des Nations-Unies.

« En septembre 2022, nous avons écrit au CIO pour lui exprimer notre préoccupation », a précisé Alexandra Xanthaki, rapporteur de l'ONU. « L’interdiction de participation fondée sur la seule base de la nationalité nous semble aller à l’encontre des principes d’universalité et de non-discrimination. Elle entretient la confusion entre le comportement des États et celui des personnes ».

Intervient alors la notion de régime de « stricte neutralité », tel qu’il pourrait s’appliquer aux athlètes russes et biélorusses lors des JO de 2024.

On peut envisager une bannière neutre, refuser les hymnes, ne donner aucune accréditation aux officiels de ces deux pays, a souligné Amélie Oudea-Castera, ministre française des Sports et des Jeux olympiques et paralympiques. Mais quid des sports d’équipe où les athlètes sont regroupés en paires (badminton, aviron) ou en équipe ? Quid des athlètes financés directement ou indirectement par l’État russe ou biélorusse ? Comment opérer une sélection de sportifs rigoureusement indépendants du pouvoir alors que l’on sait combien ils lui sont intrinsèquement liés ?

« Le CIO y travaille », a déclaré Francesco Ricci Bitti, président de l’Association des fédérations internationales olympiques des sports d’été (ASOIF).

« Il y a des divergences, mais je suis convaincu que cela va fonctionner ». 

Pour le vice-ministre des sports ukrainien, qui se réfère à la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme, « le droit à la non-discrimination n’est pas un droit absolu », « une différence de traitement peut se justifier par un objectif légitime de paix ou d’ordre public ». (Véronique Leblanc)

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