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Bulletin Quotidien Europe N° 13108
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DROITS FONDAMENTAUX - SOCIÉTÉ / ÉgalitÉ de genre

Les eurodéputés entament prudemment les discussions sur la criminalisation de l'achat de services sexuels

La commission de l’égalité de genre (FEMM) du Parlement européen a entamé en marchant sur des œufs, mercredi 25 janvier, ses discussions sur un rapport proposant la criminalisation des clients de services sexuels. Le sujet se trouvera également sur la table des négociations pour la directive visant à lutter contre les violences de genre (EUROPE 13098/11) et est loin de faire l’unanimité. 

Heléne Fritzon (S&D, suédoise), s’exprimant au nom de Maria Noichl (S&D, allemande), rapporteur au PE sur le sujet, a reconnu qu’il s’agit d’un débat « hautement contesté, [y compris] au sein des groupes [politiques] », et a demandé de l’aborder avec un esprit de compromis. Si elle ne « nie pas qu’une [minorité] le fasse de son plein gré », son objectif, explique-t-elle, est de protéger la majorité, qui vend ses services « faute d’alternatives, au vu de leur situation socioéconomique précaire ou de leur histoire migratoire », sans pour autant « miner la minorité ».

Une première discussion tout en mesure

Alors que les désaccords avaient davantage émergé lors du débat sur la directive contre les violences de genre, les eurodéputés ont semblé avoir entendu l’appel au compromis.

Karen Melchior (Renew Europe, danoise) a ainsi prudemment qualifié le rapport d’« un peu à sens unique », estimant qu’il faut définir clairement « ce qu’est un travailleur du sexe et où il se distingue de la traite d’êtres humains et de situations abusives » ainsi qu’inclure les personnes concernées dans la conception du texte. « Nous ne devrions pas victimiser aveuglément les travailleurs du sexe ni leur refuser leur autonomie, mais nous devons protéger leurs droits fondamentaux », a-t-elle défendu, soulignant notamment l’accès à la santé et à une carrière professionnelle. 

Malgré son soutien au rapport, Christine Schneider (PPE, allemande), a appelé à son tour à la nuance : ni le modèle allemand (légalisant le travail du sexe) ni le suédois (EUROPE 13107/12) ne sont parfaits. Par ailleurs, a-t-elle rappelé, « la demande ne va pas simplement s’évaporer » avec la criminalisation de la clientèle. « Nous devons réduire le marché de la prostitution [tout en] veillant à ne pas créer un marché de l’ombre où les femmes sont en danger constant de violence et confrontées à des tarifs au rabais ».

Opposition dans les associations

« Ce n’est pas parce que la demande diminue que l’offre diminue », tranche Luca Stevenson de l’Alliance européenne pour les droits des travailleurs du sexe (ESWA) dans une discussion avec EUROPE. Pour lui, l’interdiction ne fait qu’accroître la précarité et les risques de violence, en particulier envers les groupes plus vulnérables comme la communauté LGBTQI+ ou les personnes migrantes, sans réduire le nombre de travailleurs. Par exemple, « si vous avez trois clients, vous pouvez en refuser un parce qu'il est trop ivre, qu'il ne paye pas ou qu'il refuse de se protéger ; c'est moins le cas si vous n'en avez qu'un », a-t-il résumé. Une meilleure solution, a-t-il plaidé, serait de garantir un meilleur accès au marché du travail pour les travailleurs du sexe.

Pour lire le projet d’avis : https://aeur.eu/f/53g  (Hélène Seynaeve)

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