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Bulletin Quotidien Europe N° 13108
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INSTITUTIONNEL / Transparence

Nick Aiossa appelle les députés européens à faire des progrès en termes d’éthique

Le directeur adjoint de Transparency International EU, Nick Aiossa, a appelé, jeudi 26 janvier, le Parlement européen à aller plus loin que les propositions de réforme interne de la présidente, Roberta Metsola, destinées à remédier aux lacunes mises en lumière par le Qatargate (EUROPE 13098/8).

« Les 14 objectifs de la présidente sont un pas dans la bonne direction, mais ce n’est pas suffisant », a-t-il estimé lors d’une audition de la commission spéciale sur l'ingérence étrangère du Parlement européen sur les ‘Cas récents d'ingérence étrangère au sein du PE - allégations de corruption'.

M. Aiossa a dénoncé le manque d’éthique du Parlement, rappelant qu’il avait refusé, par une décision politique du bureau, à deux reprises, de participer à une étude de Transparency International sur l’intégrité et les failles.

Pour le directeur adjoint, il y a des lacunes concernant les déclarations des députés européens. « Ils ont du mal à saisir le problème de l’éthique. Ils font des déclarations tardives de voyages et de cadeaux et ne prennent pas la responsabilité en pointant du doigt leurs assistants », a-t-il expliqué, ajoutant que la déclaration était de « l’unique responsabilité du député ».

« Le régime de sanctions au PE est très limité. Certains députés européens violent les règles d’éthique et ne sont pas sanctionnés », a-t-il dénoncé, ajoutant que ces sanctions étaient de la compétence du président du Parlement européen. En conséquence, selon le directeur adjoint, « les députés européens n’ont pas l'impression d’avoir à respecter des règles ».

M. Aiossa a aussi dénoncé le fonctionnement des frais généraux, utilisés par les députés sans qu’ils n’aient à fournir de justificatifs, ou encore les voyages payés par des tiers alors que les députés européens ont une allocation pour voyager.

Le directeur adjoint a estimé que la commission des affaires constitutionnelles (AFCO) du PE pourrait travailler pour améliorer l’éthique et que la commission des affaires juridiques (JURI) pourrait sanctionner les députés, plutôt que le président du PE.

Il a, en outre, souhaité une meilleure protection des lanceurs d’alerte au sein de l’institution, qu’ils soient assistants parlementaires ou fonctionnaires, expliquant qu’ils sont mal protégés. Il a rappelé que trois lanceurs d’alerte assistants parlementaires avaient été licenciés en 2016.

Concernant les tiers, M. Aiossa a jugé qu’il fallait un « enregistrement obligatoire dans le registre de transparence » des entreprises, des ONG et des représentants des pays tiers. Ainsi, « tous les risques seraient atténués », a-t-il expliqué.

Le journaliste français Christian Chesnot, qui a écrit plusieurs livres sur le Qatar, a également souligné qu’il fallait se pencher sur les ONG, qui pouvaient également servir aux pays tiers pour exercer une influence. « Ce n’est pas illégal », a-t-il rappelé, tout en ajoutant qu’il fallait rester vigilant. (Camille-Cerise Gessant)

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