Pekka Pesonen, le secrétaire général des organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca), se montre optimiste sur la conclusion, d’ici fin juin, d’un accord politique entre institutions de l’UE sur la réforme de la politique agricole commune (EUROPE 12733/7). Il estime, dans un entretien accordé à EUROPE mardi 8 juin, que le compromis sur la table sur l’architecture verte se traduirait par des investissements importants de la part des agriculteurs de l’UE. (propos recueillis par Lionel Changeur)
Agence Europe - Pensez-vous qu'il y aura un accord entre les institutions de l’UE à la fin du mois de juin sur la réforme de la PAC ?
Pekka Pesonen - Nous devons rester optimistes et nous constatons qu'il existe une réelle volonté, de la part des institutions, de parvenir à un accord d'ici la fin juin, dans le cadre du mandat de la Présidence portugaise du Conseil. Lors du dernier cycle de négociations, fin mai, la Commission européenne n'a pas agi comme un ‘honnête courtier’. C'est quelque chose que nous avons eu beaucoup de mal à accepter.
Certains députés européens ont dénoncé le lobbying de l'industrie pour revoir à la baisse les ambitions environnementales de la future PAC. Comment réagissez-vous à cela ?
Si l'on regarde ce qui est sur la table, cela nécessite des investissements importants de la part de la communauté des agriculteurs. C'est loin d'être du ‘greenwashing’.
Le cadre financier pluriannuel 2021-2027 représente une baisse. Nous disposons de moins d'argent pour les agriculteurs et nous devons en faire plus, en échange de ce manque d'argent, et ce dans un environnement commercial international beaucoup plus compétitif ; cela complique la tâche des agriculteurs de respecter toutes les règles.
Sur les écorégimes, seriez-vous prêt à accepter un pourcentage de 25%, sans 'phase d'apprentissage' ?
Le chiffre de 25% représente un compromis entre 20% (position du Conseil) et 30% (position du Parlement européen). Les États membres de l'UE ont très peur de perdre une partie des ressources. Nous comprenons donc la logique du Conseil, qui demande une ‘courbe d'apprentissage’ et une protection. Le ‘plancher’ est une protection contre la perte de ressources. Nous espérons que les négociateurs pourront trouver une solution constructive afin que les agriculteurs puissent s'engager à respecter les exigences et que nous ne perdions aucun financement.