Le président du Conseil européen, Charles Michel, a condamné, jeudi 29 octobre, au nom du Conseil européen, les actions unilatérales de la Turquie en Méditerranée orientale, tout comme les propos injurieux du président Recep Tayyip Erdoğan envers le président français (EUROPE 12589/12).
« Nous condamnons les récentes actions unilatérales en Méditerranée orientale, les provocations et la rhétorique qui sont complètement inacceptables », a-t-il expliqué à la fin de la visioconférence des dirigeants européens, qui était consacrée à la Covid-19, mais lors de laquelle le sujet de la Turquie a été rapidement abordé.
Rappelant que l’UE a proposé un agenda positif à la Turquie qui n’a « jusqu’à présent pas choisi cette voie », M. Michel a expliqué que les dirigeants reviendront, comme prévu, sur la question de la Turquie en décembre (EUROPE 12572/25).
Cette réunion pourrait être l’occasion d’adopter des mesures à l’encontre d’Ankara. Plus tôt dans la journée, le ministre grec de la Défense, Nikólaos Panayotópoulos, avait plaidé en ce sens. « Tôt ou tard, l'UE doit faire face à la réalité et quelque chose doit être fait à l'égard de la Turquie », a-t-il expliqué lors d’une discussion organisée par le German Marshall Fund, se montrant pessimiste quant à un éventuel revirement de l’attitude « provocatrice » turque. Le ministre a rappelé les menaces d’Ankara envers la Grèce et Chypre, sa conduite envers la France et son comportement hostile envers plusieurs pays du pourtour méditerranéen.
« Si le comportement (de la Turquie) se poursuit, tous les éléments prouvent qu'il se poursuivra, je crains qu'il n'y ait pas d'autre solution que d'imposer certains types de sanctions », a-t-il ajouté. Tout en comprenant le fait que certains pays européens aient de forts liens économiques avec la Turquie, le ministre a estimé qu’« à un certain point », quelque chose devrait être fait, ajoutant que, dans le cas contraire, Ankara pensera qu’elle peut continuer ses actions.
Nikólaos Panayotópoulos a jugé particulièrement alarmante la « position révisionniste et expansionniste » de la Turquie, « qui se perçoit manifestement comme une superpuissance émergente qui prend ses distances vis-à-vis de l'Occident ». « L'Occident devrait y prêter une attention particulière », a-t-il ajouté, estimant qu’il fallait une « réponse organisée » au comportement turc, car celui-ci compromet la stabilité de la région. (Camille-Cerise Gessant)