De nombreux dirigeants européens ont condamné, depuis le 24 octobre, les propos du président turc, Recep Tayyip Erdoğan, envers son homologue français, Emmanuel Macron. Samedi 24 octobre, M. Erdoğan s’est interrogé sur la santé mentale de M. Macron, lui reprochant son attitude envers les musulmans à la suite de la décapitation par un extrémiste islamiste d’un professeur, Samuel Paty, le 16 octobre en France.
Le président du Conseil européen, Charles Michel, sans citer la France, a constaté, sur Twitter que « plutôt qu'un agenda positif, la Turquie choisit les provocations, les actions unilatérales en Méditerranée et maintenant les injures ». « C’est intolérable. Respect pour l'Europe et ses États membres », a-t-il souligné.
Le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a qualifié les propos de M. Erdoğan d’« inacceptables », appelant Ankara à « cesser cette spirale dangereuse de confrontation ». Il a également rappelé que les conclusions du Conseil européen du 1er et 2 octobre contenaient une offre réelle pour relancer la relation entre l’UE et la Turquie, « mais il faut une volonté politique des autorités turques sur cet agenda positif ». « Dans le cas contraire, la Turquie sera encore plus isolée », a-t-il prévenu.
Reprenant à son compte le tweet de M. Borrell, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a rappelé que les Européens étaient aux côtés de la France à la suite de l’attentat terroriste qui a coûté la vie à Samuel Paty.
Les dirigeants européens ont prévu de discuter de nouveau, au plus tard en décembre, de l’attitude à avoir envers la Turquie (EUROPE 12572/1). (Camille-Cerise Gessant)